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Jusqu’où ira la tolérance envers les non-vaccinés?

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Les signes avant-coureurs d’une 4e vague sont assez évidents. Les cas de COVID-19 sont repartis à la hausse au Québec depuis environ deux semaines, et le nouveau variant Delta, 60 % plus transmissible que l’Alpha, se faufile de plus en plus. Malgré tout, la clientèle la plus à risque, les non-vaccinés, ne sent toujours pas l’urgence de recevoir le vaccin.

Une chose est claire, on ne pourra pas reprocher aux gouvernements de ne pas avoir tout fait pour encourager les gens à se faire vacciner. Il y a suffisamment de vaccins pour administrer les deux doses à tous les Canadiens ; il y a très peu ou pas d’attente dans les centres de vaccination ; on dépense des millions en campagne publicitaire ; on prend la peine d’appeler les gens à la maison pour devancer la deuxième dose ; on va même vacciner dans des endroits touristiques populaires comme La Ronde ; et on organise une généreuse loterie avec des prix en argent et des voyages pour convaincre les plus résistants de tendre leur bras.

Malgré toutes ces mesures, le taux de vaccination pour la première dose au Québec a augmenté d’à peine 1 % en une semaine pour atteindre 84 % des 12 ans et plus. Heureusement, ceux et celles qui ont déjà reçu une dose hésitent beaucoup moins à recevoir la deuxième. Les gens complètement vaccinés ont fait un bond de 10 % pendant la même période pour atteindre 66 %.  

Des signes d’impatience

Je veux bien croire que certaines personnes sont craintives parce que les vaccins contre la COVID-19 ont été développés rapidement, mais ça fait déjà sept mois qu’on administre le Pfizer à l’ensemble de la population, et à part quelques rares exceptions, nous nous portons très bien. 

Certes, si on se compare aux autres pays dans le monde, on peut se réjouir. Notre taux de vaccination est très élevé. Malheureusement, les personnes qui ne sont pas immunisées font en sorte de laisser la porte ouverte aux variants.  

Bien sûr, les gens vaccinés seront davantage protégés, mais si les anti-
vaccins se retrouvent hospitalisés en grand nombre, ça met une pression supplémentaire dans le réseau de la santé et ça repousse une fois de plus les nombreuses chirurgies qui avaient déjà été retardées en raison des trois premières vagues. Tout le monde sera perdant et c’est sans parler d’un possible reconfinement comme en Espagne.

La colère des Américains vaccinés, qui accusent les récalcitrants de gâcher leur été et de mettre en danger la vie de leurs proches, pourrait bien se transporter ici si ça repart en vrille dans quelques semaines.

Durcir le ton

Le moment est venu pour le gouvernement de hausser davantage le ton. J’entends de plus en plus de gens en accord avec le passeport sanitaire et la vaccination obligatoire pour les travailleurs de la santé, les enseignants, les éducateurs, et les travailleurs d’usines. D’autres employeurs aimeraient aussi pouvoir appliquer des mesures contraignantes à ceux qui refusent le vaccin.

Après plus d’un an et demi de pandémie, il y a des limites aux droits et libertés des récalcitrants qui risquent d’affecter le bien-être général des citoyens du Québec. Imposer des limites temporaires et bien balisées à notre Charte serait pleinement raisonnable et justifiable.