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On ne joue pas avec la santé de son monde!

ROUNDUP face à ses juges
Photo courtoisie

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À cause d’une poignée de fonctionnaires de Santé Canada, le glyphosate et d’autres pesticides sont en voie de franchir une étape de réhabilitation au Canada.

Parmi les fonctionnaires, il y en a qui considèrent qu’ils sont au « pouvoir » à perpétuité, tandis que les élus du peuple ne sont que de passage. 

Les lobbyistes sont bien au fait de cette réalité... Conséquemment, ils passent souvent par ces fonctionnaires pour placer les pions de leurs intérêts particuliers sur l’échiquier politique. C’est ainsi qu’il arrive que des élu(e)s soient mis devant le fait accompli et se retrouvent à la remorque des initiatives de certains fonctionnaires.

Le vide politique

Alors, point de surprise d’entendre la ministre canadienne de l’Agriculture, Mme Marie-Claude Bibeau, exprimer son ébahissement face aux récentes révélations relatives au fait que Santé Canada envisagerait la réhabilitation du glyphosate ainsi que l’augmentation cumulative de plus de résidus d’autres pesticides dans certains aliments au Canada. Elle n’était pas au courant.

Maintenant qu’elle est au courant, nonobstant les inquiétudes et les remontrances, la ministre Bibeau considère que les élus fédéraux ne doivent pas interférer dans le dossier des pesticides. C’est désopilant...

La carence du principe de précaution

En mars 2020, face à l’expansion du coronavirus (COVID-19) à l’échelle planétaire, c’est en vain qu’on réclamait du gouvernement fédéral le déploiement rapide d’un plan visant à prévenir la propagation de l’épidémie au Canada et au Québec. 

L’Agence de la santé publique du Canada se voulait alors rassurante, soutenant à ce moment-là que le risque pour la santé associé au COVID-19 demeurait faible au Canada. On connaît la suite de l’histoire...

Déjà, un peu partout dans le monde, l’usage notamment du glyphosate dans les aliments inquiète. Des études scientifiques indépendantes, y compris celles de l’Organisation mondiale de la santé (l’OMS), qui suggèrent le principe de précaution de son usage dans nos aliments, sont controversées. Elles se butent à de nouvelles études (souvent financées par « l’industrie ») qui relativisent l’usage du glyphosate.

N’eût été l’article du journaliste Thomas Gerbet, nous n’aurions probablement pas été informés à temps de ce qui se tramait derrière des portes closes à l’Agence de la santé publique du Canada relativement au projet de réhabilitation du glyphosate.

Est-ce que cette fois encore, comme ce fut le cas dans le cadre de la gestion de la pandémie du coronavirus à ses débuts, en mars 2020, cette agence fédérale se voudra rassurante relativement aux risques appréhendés reliés à l’usage du dosage augmenté des pesticides dans nos aliments ?

Par ces temps de doutes et de défiances générés par les controverses entourant la COVID, son origine, ses écoles de pensée, les vaccins et les théories de tous genres, les pesticides auraient dû s’abstenir de s’imposer dans la danse, car, à l’instar du glyphosate, ils sont loin de faire consensus dans les cercles scientifiques... 

Et, par ailleurs, la confiance des populations est en hibernation.