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Voyage sous terre

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À la suggestion de mon fils, j’ai découvert récemment la mine Capelton, ce lieu de mémoire situé près de North Hatley. Durant la visite, on oublie qu’une pandémie sévit en surface.

En compagnie de ma petite famille à laquelle s’ajoutaient trois enfants et leurs parents, on retrouve le vrai sens de la devise du Québec.

Grâce à trois jeunes guides dynamiques, compétents, s’exprimant dans une langue fluide, nous avons été plongés dans la vie des mineurs qui, à partir de 1863, s’échinaient à extraire du cuivre à main nue. Ce minerai fut d’abord exporté aux États-Unis afin d’alimenter les usines de munitions pendant la Guerre de Sécession.

L’ombre de ces mineurs rôde autour de nous. Ma petite Rose a grimpé sans broncher les longs escaliers de bois espérant trouver des « diamants ». Les autres enfants âgés de huit à onze ans, intelligents et curieux, n’ont eu de cesse de questionner les guides sur des détails techniques, transformant cette visite touristique en une précieuse expérience pédagogique.

Car les propriétaires actuels du lieu – la famille Vallières-Langlois – ont à cœur que la mine permette de faire revivre ce pan de notre histoire.

Afin de ne pas oublier ces hommes héroïques qui, pour nourrir leur famille, vivaient douze heures par jour dans une obscurité où seule leur courte bougie payée de leur poche permettait de détecter les filons de cuivre malgré la poussière qu’ils respiraient jour après jour.

L’on ressort donc de la mine Capelton avec un respect renouvelé pour ces hommes qui hypothéquaient leurs poumons afin de faire vivre leurs nombreuses familles.

Le vrai choc survient après la remontée à pied à la surface lorsque soudain la lumière nous éblouit. Même les enfants gardent le silence.

Cette visite, à la fois leçon de géologie et description de la dure vie de ces Québécois d’antan « nés pour un petit pain » est une expérience marquante. Un devoir de mémoire à vrai dire souhaité par les propriétaires passionnés