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Fonçons-nous vers une crise majeure avec l’Iran?

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Les tensions engendrées par l’attaque par des drones kamikazes, la semaine dernière, d’un pétrolier au large d’Oman, qui a fait deux morts, ont été exacerbées hier. Des hommes armés auraient pris le contrôle d’un autre pétrolier alors qu’il approchait de l’entrée du détroit d’Ormuz, par où passe une bonne partie des approvisionnements du monde en pétrole.

L’attaque de drones a été imputée à l’Iran par Israël, les États-Unis et le Royaume-Uni. L’Iran a nié tout rôle dans les deux incidents, qualifiant l’arraisonnement d’hier de « suspect ».

La cible de l’attaque de drones, le Mercer Street, est un pétrolier japonais battant pavillon libérien géré par une société britannique appartenant à un milliardaire israélien. Le lien avec Israël est ténu, mais ce serait la raison pour laquelle il a été attaqué.

L’Iran a accusé Israël d’avoir, en avril dernier, saboté les centrifugeuses de sa centrale nucléaire de Natanz et placé une mine sur la coque du navire iranien Saviz, promettant de se venger.

Les analystes militaires décrivent ces attaques réciproques comme typiques de la « guerre de l’ombre » que se livrent Israël et l’Iran depuis des années.

De la « guerre de l’ombre » à la guerre ouverte ?

Avant les évènements d’hier, le ministre israélien de la Défense, Benny Gantz, avait déjà décrit l’attaque contre le Mercer Street comme une escalade majeure de l’Iran et avertit qu’Israël devait « agir immédiatement » contre Téhéran. Le secrétaire d’État américain Antony Blinken, lui, avait prévenu qu’une « réponse appropriée » était à venir.

De son côté, la chaîne iranienne PressTV assure que toute action hostile contre le pays recevra une réponse militaire « forte et écrasante ».

Une frappe militaire d’Israël contre l’Iran s’inscrirait dans ses efforts pour faire échouer les négociations de Vienne sur le nucléaire iranien. Israël s’oppose avec véhémence au rétablissement de l’accord de 2015 qui a vu l’Iran accepter des restrictions sur ses capacités nucléaires en échange d’un assouplissement des sanctions qui dévastent son économie. Avec l’élection de Joe Biden, les États-Unis avaient repris des négociations indirectes avec l’Iran à ce sujet.

Des frappes possibles contre l’Iran et ses alliés

Plusieurs spécialistes des questions militaires au Moyen-Orient estiment que quelque chose se prépare en termes d’escalade majeure dans les prochains jours...

Des médias londoniens rapportaient avant l’abordage d’hier que des forces spéciales et des commandos de marine britanniques avaient été dépêchés au Moyen-Orient. Était-ce pour défendre des navires commerciaux anglais ou en préparation d’une attaque de représailles contre un objectif iranien, par exemple, une base de drones ?

Les attaques des deux pétroliers pourraient être l’œuvre des Houthis yéménites alliés de Téhéran. Ils ont déjà mené des frappes de drones dévastatrices contre des installations pétrolières saoudites.

Une opération israélo-américaine est-elle en préparation ? Un communiqué du Central Command rapporte que le chef d’état-major des Forces israéliennes a eu un entretien sur la situation au Moyen-Orient et la coopération israélo-américaine avec le général commandant les forces américaines dans la région.