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Fusillades: c’était déjà assez en février

Fusillades: c’était déjà assez en février
Thierry Laforce/Agence QMI

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Les fusillades sont devenues monnaie courante à Montréal.  

Montréal-Nord, Saint-Michel, Petite-Bourgogne, Rivière-des-Prairies, Saint-Léonard... Chaque jour, ou presque, nous apprenons que des coups de feu ont été tirés, que des personnes ont été blessées et que certaines auraient même perdu la vie. 

Encore cette semaine, dans un secteur résidentiel de Rivière-des-Prairies, des coups de feu ont été tirés vers un appartement d’un immeuble où plusieurs familles résident. À la lumière de ces violences meurtrières, certains voisins plient bagage et fuient vers d’autres villes, d’autres quartiers, à la recherche de quiétude et de sécurité.

Comment se fait-il qu’on ait laissé ces violences prendre autant d’ampleur? 

Quand j’entends le SPVM dire qu’«assez, c’est assez», je tombe des nues. N’était-ce pas déjà assez lorsque la jeune Meriem Boundaoui, 15 ans, a perdu la vie en février dernier, victime d’une balle qui ne lui était pas destinée?

Meriem Boundaoui n’est-elle pas victime de la guerre des gangs de rue au même titre que le regretté Daniel Desrochers, jeune et innocente victime de la guerre des motards?

Alors, pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour annoncer une équipe intégrée pour lutter contre ce fléau qui gangrène nos quartiers, semant l’insécurité et la peur? 

Cette annonce n’est-elle pas un aveu d’échec du SPVM quant à l’impact de l’Équipe dédiée à la lutte contre le trafic d’armes (ELTA), annoncée et déployée en février dernier, qui n’a visiblement pas réussi à mettre fin à ces violences? 

Au moins, les choses semblent aujourd’hui être prises avec plus de sérieux de la part du gouvernement provincial, qui est déterminé à endiguer cette épidémie de violence. 

Néanmoins, il ne faut pas oublier que, pour régler le problème à moyen et long terme, on ne peut miser exclusivement sur la répression. Que les forces policières soient présentes, actives et dédiées, c’est important, mais il ne s’agit pas d’une responsabilité qui leur est exclusive. Il s’agit plutôt d’une démarche commune, qui doit inclure un important volet de prévention et de sensibilisation de nos jeunes. 

Il faut les rejoindre pour leur dire qu’il n’y a rien de cool à avoir une arme à feu, aucun prestige à faire partie d’un groupe criminalisé, aucun honneur à être la terreur du quartier et aucune victoire à blesser, voire tuer. 

L’annonce de Mme Guilbault est pertinente, concrète et salutaire. Cependant, il faudra que le gouvernement mette à jour le Plan d’intervention québécois sur les gangs de rue, qui contenait déjà, entre 2011 et 2014, des mesures qui relevaient autant du ministère de la Sécurité publique que de celui de la Santé et des services sociaux, de l’Éducation ou de la Justice.