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Les juges sensibles au problème des armes

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Face à l’escalade de crimes par armes à feu depuis deux ans, les tribunaux ont déjà commencé à envoyer des messages percutants pour contrer cette violence qui s’accentue à Montréal.

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« Les crimes liés aux armes à feu exposent les Montréalais à de graves dangers. La sécurité du public doit être soigneusement préservée », a averti le juge de la Cour du Québec Dennis Galiatsatos en mai dernier, déplorant que les fusillades soient devenues « un phénomène hebdomadaire ».

En ordonnant la détention provisoire d’un homme arrêté pour possession d’un revolver de calibre .38 prohibé et chargé, il a dit qu’il « serait irresponsable de banaliser le danger que présentent les armes de poing illégales ».

« C’est assez »

Sa collègue Patricia Compagnone a aussi récemment dénoncé en cour la prolifération d’armes à feu, « un fait alarmant » qui occupe le palais de justice de Montréal « tous les jours ».

Un discours nécessaire, selon la juge à la retraite Nicole Gibeault.

« À Montréal, le message doit être très clair : la police a dit “C’est assez !”, la Couronne et les tribunaux aussi doivent dire “C’est assez !” », a-t-elle lancé.

« On a beau travailler avec une escouade spéciale de policiers, si en fin de compte l’accusé s’en sort avec une tape sur les doigts, ça ne sert à rien », a ajouté Mme Gibeault.

Le procureur de la Couronne Éric Poudrier, dédié aux dossiers de gangs de rue à Montréal, a pour sa part assuré que ses collègues et lui travaillent d’arrache-pied pour exposer la situation de la violence, pour en arriver à obtenir des peines assez sévères en matière d’armes à feu.

Bilan percutant

Dans une récente cause impliquant un homme condamné pour avoir eu en sa possession une arme à feu prohibée chargée de six balles, il a notamment fait témoigner un expert de l’Équipe nationale de soutien à l’application de la Loi sur les armes à feu de la Gendarmerie royale du Canada.

Ce dernier disait avoir comptabilisé 115 incidents par armes à feu en 2020. Au total, 368 douilles avaient été saisies à Montréal.

« C’est quand même un événement tous les trois jours. Son témoignage percutant met du tangible dans le dossier », a expliqué Me Poudrier, qui constate que les juges sont « conscients » de la problématique montréalaise en matière d’armes à feu. 

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