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Une grève cause l’annulation de funérailles à la Coopérative funéraire des Deux Rives

Des familles doivent reporter les cérémonies de leurs proches

Des employés de la Coop funéraire des Deux Rives ont manifesté j
Photo courtoisie Une centaine d’employés ont fait une « marche funèbre » devant le centre administratif de la Coopérative funéraire des Deux Rives sur l’avenue Godin, jeudi, pour souligner que les négociations sont au point mort.

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En raison d'une grève qui paralyse les activités à la Coopérative funéraire des Deux Rives, au moins une dizaine de familles ont décidé de faire appel à une autre entreprise pour pouvoir souligner les funérailles de leurs proches en bonne et due forme.

Depuis 7h30 jeudi matin, la centaine d’employés de la Coopérative funéraire des Deux Rives est en grève, et ce, jusqu’à lundi.  

Résultat, plusieurs familles ont été averties, dont certaines à moins de 24 heures d’avis, que les funérailles de leur proche ne pourraient avoir lieu tel que prévu. 

«Un coup de massue»

C’est le cas notamment de Robert (nom fictif) qui n’a pu rendre un dernier hommage à son épouse, jeudi, alors que la Coopérative funéraire l’a informé de la situation mercredi après-midi. «Nous avons reçu la nouvelle comme un coup de massue. Sur le coup, nous étions sans voix. Le matin, nous étions allés faire les tests pour les vidéos et la musique que nous voulions présenter», dit l’homme endeuillé, qui souhaite conserver son anonymat. «C’est beaucoup de stress à revivre», poursuit-il. 

La famille a ainsi dû rapidement contacter les fournisseurs, soit fleuristes et traiteur, en plus de tenter de joindre la famille, dont une bonne partie se trouve à l’extérieur de la région de Québec.  

«Nous nous sommes rendus ce matin [jeudi] au centre où devait avoir lieu les funérailles, pour avertir la famille qui n’aurait pas été informée de la situation», se désole Robert.  

Lépine Cloutier débordée

En raison de cette situation «inusitée», le téléphone ne dérougit pas à la maison funéraire Lépine Cloutier, qui a déjà pu intégrer une dizaine de cérémonies à son horaire, à travers ses 5 complexes et deux locaux adjacents à des cimetières, à Québec.  

«Ce n’est pas évident pour ces familles. Nous faisons tout en notre possible pour accueillir ces gens-là. Nous sommes même prêt à ce que nos employés fassent du temps supplémentaire pour répondre à la demande», dit le directeur général, David Beaulieu. 

«D’autres appels entrent aujourd’hui, vu cette incertitude, et on est déjà à planifier des cérémonies qui étaient prévues dans les prochaines semaines», poursuit-il. 

Négociations au point mort

Pendant ce temps, le conflit de travail qui règle à la Coopérative des Deux Rives semble bien loin de se régler, alors que dix autres jours de grève sont prévus au mois d’août.  

La prochaine rencontre entre les deux parties n’aura lieu que le 24 août prochain. 

«Plus d’impact»

La présidente du syndicat représentant la centaine d’employés, Catherine Caron, déplore le fait que la direction a refusé «toutes les demandes » syndicales, lors de la dernière rencontre, le 21 juillet dernier. 

C’est d’ailleurs devant ce refus catégorique que le syndicat a décrété une série de cinq jours de grève cette fin de semaine, pour «avoir plus d’impact». 

«On est sincèrement désolée pour les familles [qui ont vu leurs funérailles annulées], mais comment voulez-vous que des employés eux-mêmes en détresse psychologique, brulés et fatigués prennent soin de ces gens qui sont comme eux. Ça fait des années qu’on est comme ça et nous avons atteint un point de non-retour», dit-elle. 

Pour sa part, la direction de la Coopérative n’a pas voulu préciser combien de cérémonies avaient été annulées en raison de la grève. Le directeur général, David Émond précise toutefois qu’une quarantaine de funérailles ont habituellement lieu chaque semaine. 

«La Coop est heureuse d’évoluer dans une société où les employés peuvent faire valoir leur droit de grève, et maintenant on réagit à cette situation», a indiqué M. Émond, précisant que les familles qui souhaitent souligner leurs funérailles dans une autre maison funéraire, seront créditées. 

M. Émond n’a par ailleurs pas fermé la porte à ce que des gestionnaires prennent en charge la tenue de funérailles, lors des prochaines journées de grève.  

Les points en litige concernent notamment les horaires, les gardes de nuit et les salaires.