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4e vague: le retour au bureau se complique

C’est dans l’agglomération de la capitale fédérale et dans celle de la capitale nationale que le télétravail est le plus répandu.
Photos Adobe Stock C’est dans l’agglomération de la capitale fédérale et dans celle de la capitale nationale que le télétravail est le plus répandu.

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Le retour sur les lieux de travail au Québec s’annonce plus difficile que prévu en raison de l’arrivée de la quatrième vague de la pandémie de la COVID-19.

Le premier ministre François Legault est formel : « Quand on voit l’ampleur de la quatrième vague aux États-Unis et en Europe, avec la présence de plus en plus grande du variant Delta, malheureusement, on n’y échappera pas. »

À cause de cette autre vague, le port du masque risque de demeurer obligatoire dans nombre de lieux publics. Et l’exigence du passeport vaccinal va bientôt voir le jour.

Tout cela malgré le fait qu’il y a 73,1 % des Québécois qui sont vaccinés, dont 58,5 % entièrement et 14,6 % partiellement.

C’est vous dire à quel point on est loin d’être sorti des contraintes imposées par la lutte contre la pandémie du coronavirus.

RETOUR SOUS CONTRÔLE 

Comme pour la fonction publique québécoise, le gouvernement Legault recommande que les entreprises se dotent d’un protocole de retour au travail dans le but d’assurer un environnement de travail sécuritaire. Le protocole doit inclure les mesures de prévention requises et doit minimiser les contacts entre les employés, simple question de limiter la propagation du virus.

L’employeur devra respecter les cinq principes de prévention de la COVID-19, soit l’exclusion des personnes symptomatiques, la distanciation physique, l’hygiène des mains, l’étiquette respiratoire et la salubrité de l’environnement.

Autre recommandation à suivre : l’employeur devrait planifier un retour graduel et ordonné de son personnel.

Les ministres Sonia LeBel (Administration gouvernementale et présidente du Conseil du trésor) et Jean Boulet (Travail, Emploi, Solidarité sociale) recommandent le recours à la formule hybride, soit une alternance entre le télétravail et le travail en présence.

L’ACCESSIBILITÉ DU TÉLÉTRAVAIL

Ce ne sont malheureusement pas tous les travailleurs qui peuvent rester à domicile pour effectuer leur boulot.

Au Québec, par exemple, travailler depuis son domicile n’est accessible qu’à 43,1 % des travailleurs. Et concrètement, c’est seulement 30,3 % des travailleurs qui ont effectivement travaillé depuis la maison durant la pandémie du coronavirus.

Est-ce beaucoup ? Selon les données de Statistique Canada, le Québec arrive à ce chapitre bon deuxième au pays, n’étant devancé que par l’Ontario, où 36,5 % des travailleurs étaient en télétravail durant la période de 14 mois allant d’avril 2020 à juin 2021.

Au Québec, les plus hauts taux de télétravail ont été atteints dans les régions suivantes : Montréal (43,3 % des travailleurs), Outaouais (40,6 %), Capitale-Nationale (36,4 %).

En Ontario, les régions dominantes en télétravail sont Ottawa, avec 47,5 % des travailleurs, et Toronto, avec 43,9 % de la main-d’œuvre active. 

LES CAPITALES DOMINENT

Fait à noter : dans nos deux capitales, soit Ottawa au fédéral et Québec au provincial, le pourcentage des travailleurs pouvant travailler à domicile atteint des niveaux très élevés, soit 49,7 % à Québec et 53,8 % à Ottawa.

Parmi les grands privilégiés du télétravail, on retrouve les groupes suivants, suivis du pourcentage de travailleurs ayant travaillé à domicile d’avril 2020 à juin 2021 :

  • Les 10 % de la tranche de salaire supérieure : 62,5 % 
  • Les travailleurs en finance et assurances : 72,9 %
  • Les fonctionnaires (fédéral, provincial, municipal) : 55,6 %
  • Les services professionnels, scientifiques, techniques : 69,6 %
  • Les universitaires détenant un grade supérieur au baccalauréat : 57,9 %
  • L’industrie de l’information et l’industrie culturelle: 65,1 %

D’autre part, toujours selon Statistique Canada, chez les groupes de travailleurs parmi les moins privilégiés par le télétravail, il y a ceux-ci, suivis du pourcentage de travailleurs ayant travaillé à domicile :

  • Les sans diplôme d’études secondaires : 7,3 %
  • Les diplômés d’une école de métier : 11,8 %
  • Les travailleurs de la construction : 9,7 %
  • Le commerce de détail : 11,2 %
  • Hébergement et restauration : 5,1 %
  • Travailleurs du secteur de la santé : 7,8 %

L’EMPLOI

Selon les données de l’emploi compilées par Statistique Canada pour le mois de juillet, le Québec a créé depuis mai 2020 quelque 771 700 emplois, soit 93,4 % des 825 900 emplois perdus en mars et avril 2020 à cause de la COVID-19. 

Le taux de chômage mensuel, en vertu des données non désaisonnalisées, s’élève actuellement à 6 %, à comparer à 18,4 % en avril 2020.

De toutes les provinces, c’est le Québec qui affiche le plus faible taux de chômage au Canada alors qu’il atteint 8,7 % en Ontario et 7,7 % dans l’ensemble du pays.