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Il est temps de décoloniser Télé-Québec

ART-DECOLONISER-LHISTOIRE
Photo courtoisie Nous sommes dépossédés de notre histoire

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Télé-Québec annonce une nouvelle websérie consacrée à notre histoire. 

Certains applaudiront.

Mais on comprend vite que l’histoire y sera instrumentalisée pour culpabiliser les Québécois d’exister, sous prétexte de leur dire leurs quatre vérités. 

Les animateurs, des militants caricaturaux de la gauche woke, ne cachent pas leurs intentions : il s’agit de « décoloniser l’histoire » (c’est le titre) du Québec en la présentant du point de vue des autochtones et des minorités que l’on dit « racisées », étrangement amalgamés dans une même catégorie, alors que leurs expériences diffèrent fondamentalement. 

Faut-il encore rappeler que les Français et les Anglais n’ont pas eu le même rapport aux Amérindiens en Amérique du Nord ? Faut-il aussi rappeler qu’on ne saurait placer l’histoire de ces derniers et celle des populations immigrées sous le commun parapluie de la « diversité » ?

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Colonisateurs ?

Mais on connaît la chanson : la majorité historique francophone serait fondamentalement oppressive et devrait aujourd’hui déconstruire ses privilèges. 

Étrange retournement. 

Jusqu’à tout récemment, les Québécois savaient qu’ils étaient un peuple colonisé. La Révolution tranquille avait d’ailleurs pour vocation de nous permettre de devenir maîtres chez nous. 

Cinquante ans plus tard, il faut bien admettre qu’elle a plutôt échoué. 

Elle devait nous conduire à l’indépendance. Nous ne sommes toujours pas un pays souverain. Elle devait au moins nous permettre de disposer de plus de pouvoirs dans le Canada. Nous ne les avons pas et nous vivons sous une constitution que nous n’avons jamais signée, qui nous impose l’idéologie multiculturaliste. Elle devait nous permettre de faire du français la véritable langue commune. Il régresse. Pire encore, le mépris des francophones revient à la mode. On les accuse de ne pas être assez ouverts. 

Mais tout cela ne peut plus être dit parce que les Québécois sont « blancs », comme on dit aujourd’hui. 

Wokeries

Désormais, on nous présente comme des colonisateurs appelés à faire pénitence devant toutes les wokeries à la mode. Le concept de décolonisation se retourne contre nous. C’est en son nom, un jour, qu’on voudra faire tomber la loi 101. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé récemment à Ottawa, quand on a sacrifié en son nom la place du français au Canada lors de la nomination de la gouverneure générale.

Rappelons une évidence : quand les communautés issues de l’immigration s’anglicisent ou se canadianisent en se ralliant aux catégories du multiculturalisme canadien, elles rejoignent la majorité anglo-canadienne et la majorité continentale, quelle que soit leur couleur de peau. 

Le clivage fondamental, au Canada, n’est pas racial, mais national et linguistique. Mais cette vérité est désormais tue. Qui la rappelle risque l’accusation de racisme. On plaque des schèmes venus des États-Unis sur notre histoire.

Les militants incultes et sermonneurs financés par la télévision d’État nous expliqueront que nous sommes illégitimes en notre pays. Les Québécois francophones en seront expulsés symboliquement et n’y seront à terme réintégrés qu’en acceptant un nouveau récit historique leur réservant le mauvais rôle. 

Ce discours ne nous vient plus seulement d’Ottawa, mais de Télé-Québec.

Il serait temps de décoloniser Télé-Québec. C’est-à-dire qu’on devrait la décanadianiser et la désaméricaniser.