/sports/opinion/columnists
Navigation

Quand rien ne va...

Campeau rien de va
Photo courtoisie Christian et David ont eu beaucoup de plaisir à retirer ces batailleurs d’un beau petit lac des Laurentides, comme il en existe des milliers d’autres au Québec.

Coup d'oeil sur cet article

J’ai récemment eu la chance de pêcher sur un petit lac privé, sans accès public, qui me faisait rêver depuis plus de trois décennies.

Quand j’étais dans la vingtaine, j’étais représentant pour une compagnie de bière. Mon métier de l’époque m’amenait aux quatre coins des Laurentides. J’y ai découvert de nombreux sites de pêche magiques avec des potentiels insoupçonnés.

Il y avait toutefois un plan d’eau qui sortait du lot. Par sa physionomie topographique et ce qu’on pouvait voir du bord de la route, il semblait poissonneux à souhait. Certains amateurs locaux m’avaient dit qu’il abritait de grosses petites bouches et des maskinongés trophées. 

Après de multiples tentatives pour y accéder, j’ai tout simplement oublié le projet.

Au début juin, je rencontre un voisin qui me dit que son oncle a un chalet au lac en question et qu’il peut y aller quand bon lui semble. Il n’en faut pas plus pour ranimer la flamme. Le 15 juillet dernier, je m’y suis rendu avec mon embarcation, cette personne de mon entourage et un copain.

Comme un enfant

Pour être vraiment honnête, j’étais fou comme un balai. Je pouvais enfin pêcher dans ce plan d’eau qui ne subit aucune pression et qui semble hyper productif. J’étais comme un gamin dans un plat de bonbons ou, si vous préférez, comme l’agent Fox Mulder dans la vieille série télé X-Files avec son éternelle affiche qui disait « Je veux y croire ».

J’étais tout excité. Le matin, en montant dans le nord, j’imaginais divers scénarios plus poissonneux les uns que les autres.

Le moins qu’on puisse dire du printemps et de l’été 2021, c’est que jusqu’à maintenant, ils ont été bizarres et vraiment pas comme d’habitude. Ajoutez à cela beaucoup de pluie en juillet et des vents incessants. Heureusement, le jour J faisait place à du beau temps entre deux fronts, et la brise ne s’est pas manifestée. Tout s’annonçait donc très bien.

Préparations

J’avais noué deux Senkos de type Comida sur les perches de mes partenaires. Ces offrandes sont hyper faciles à exploiter et fonctionnent à merveille.

Pour ma part, je souhaitais trouver la bonne recette. Le pattern comme on le dit si bien. Dans mon coffre de bateau, j’avais introduit huit cannes déjà montées. J’en avais deux pour la surface avec un Pop R et un Heddon Rattlin’ Spook, une avec un leurre souple KVD Caffeine Shad Soft Jerkbait que je ferais nager en eaux peu profondes, un spinnerbait Booyah et un Big O pour couvrir beaucoup de territoire. Si les petites bouches étaient léthargiques, elles réagiraient à coup sûr à mon drop shot, à mon Yum Ned Rig ou à mon tube de 3 po. Les connaisseurs seront d’accord pour dire que j’avais la panoplie complète pour faire face à toutes les épreuves.

À n’y rien comprendre

Campeau rien de va
Photo courtoisie

David m’indique deux spots qu’il connaît et nous y tentons notre chance. 

En moins de 10 minutes, je savais qu’il y avait un problème, car dans le paradis où nous étions et avec les conditions favorables, nous aurions déjà dû avoir sept ou huit réactions. 

Je laissai mes partenaires cibler la zone qui me semblait la plus productive et je m’occupai du reste. 

J’ai commencé avec des barboteurs pour ensuite me concentrer entre deux eaux, puis carrément au fond.

En six heures de pêche, mes deux complices ont capturé cinq achigans, dont un de près d’un kilo. 

Pour ma part, rien, même pas un coup, un semblant ou un peut-être. 

J’avais beau faire n’importe quoi, mes cannes semblaient avoir reçu un sort maléfique quelconque : ha ! ha ! ha !

Au cours de mes 30 ans de tournois et de mes trois championnats, j’ai retenu une chose, c’est qu’à la pêche, il n’y a absolument rien de garanti. On appelle ça pêcher et non pas pogner du poisson à tout coup. 

Dans la chaloupe ou au bord de l’eau, 2 + 2 ne feront jamais 4, car on se mesure à des vertébrés aquatiques qui réagissent à différents stimuli en fonction de leur humeur du moment dans un univers totalement différent du nôtre.

Je me souviens des paroles d’un populaire pro américain, Ricky Clunn. 

Ce dernier affirmait que peu importe les conditions, quand tu reviens bredouille, tu dois en être fier, car tu as fort possiblement tout essayé et contre vents et marées, ta stratégie n’a pas fonctionné.

En revanche, il expliquait qu’il fallait apprendre de nos erreurs et insuccès.

Rappelez-vous une chose, chers passionnés, c’est que ce genre de journée improductive arrive à tout le monde. 

Ce n’est qu’au cinéma que tout se termine toujours bien. 

Le bon côté

En fin d’après-midi, j’avoue que j’ai eu un petit down, comme on le dit de façon populaire.

Toutefois, avant d’arriver au bord de l’eau, j’ai pris un instant pour regarder autour de moi et admirer toutes les beautés que mère Nature met à notre disposition. 

J’ai alors encore une fois réalisé à quel point nous sommes tous chanceux de pouvoir sillonner un plan d’eau en quête d’aventure, de ressourcement et de bonheur.

Ben oui, c’est le fun de pogner des spécimens de toutes espèces. 

En contrepartie, juste la chance d’être là, peu importe où, est déjà une source intarissable de bien-être.

Allez hop, bonne pêche ! D’une façon ou d’une autre, vous êtes bien mieux sur un plan d’eau plutôt qu’au bureau ou à l’usine, n’est-ce pas ? Les poissons seront au rendez-vous une prochaine fois. 

Une foule de raisons... 

À la pêche, l’important, c’est de tenter sa chance et d’éprouver du plaisir.
Photo courtoisie
À la pêche, l’important, c’est de tenter sa chance et d’éprouver du plaisir.

Lorsque les poissons ne veulent pas coopérer et qu’on n’obtient pas les résultats souhaités, on trouve de nombreuses causes pouvant expliquer nos insuccès.

Au retour de ma journée de pêche infructueuse avec mes chums (voir texte ci-joint), nous avons tenté d’établir, de façon humoristique, une liste de toutes les excuses que nous avons entendues au fil des temps. Je vous les présente dans le désordre. Si vous en connaissez d’autres, n’hésitez pas à me les faire parvenir à patrick.campeau@quebecormedia.com.

1 - Le vent n’était pas du bon côté (mis à part celui du nord-est qui est le pire).

2 - C’était beaucoup trop venteux.

3 - L’eau était franchement trop haute ou trop basse.

4 - Il faisait vraiment trop chaud ou trop froid pour taquiner les poissons.

5 - L’eau s’est trop réchauffée ou trop refroidie.

6 - Trop ensoleillé ou nuageux.

7 - Il y avait trop de courant.

8 - Il y avait quelqu’un dans mon spot.

9 - La surface de l’eau était trop calme, les poissons pouvaient nous voir de loin.

10 - L’eau était teintée (sale).

11 - Les poissons mordaient du bout de la gueule. 

12 - Il y avait trop de monde/d’activités/de trafic sur le plan d’eau. 

13 - J’étais au bon endroit, au mauvais moment.

14 - Je suis arrivé trop tard à mon spot.

15 - J’ai laissé la chance aux autres.

16 - Avoir vraiment voulu, j’aurais pu en prendre plusieurs, mais...

17 - Il y a eu un front froid/chaud, une baisse/une hausse barométrique. 

18 - Le calendrier du pêcheur le prédisait.

19 - Mon fil de pêche n’était pas bon.

20 - Je les ai tous perdus avant de pouvoir les capturer.

21 - Mes hameçons n’étaient pas assez aiguisés.

22 - Il a plu.

23 - Je n’avais pas les bons leurres.

24 - Un des gars avait une banane dans son lunch (ça porte supposément malheur).

25 - Les poissons mordaient vraiment mieux hier.

26 - Ça doit être bientôt la pleine lune.

27 - Il n’y a pas eu d’éclosion d’insectes.

28 - Je ne ciblais que les trophées.

29 - Les prédateurs n’avaient pas faim.

30 - Il n’y a plus de poissons dans ce lac.

Bonne pêche !