/finance/opinion/columnists
Navigation

Éric Martel enrichit les Beaudoin-Bombardier

Coup d'oeil sur cet article

Les Beaudoin-Bombardier sont plutôt privilégiés depuis l’embauche de leur nouvel homme fort, Éric Martel, à titre de PDG de Bombardier.

Depuis l’entrée en fonction de Martel, le 6 avril 2020, les Beaudoin-Bombardier ont vu la valeur de leurs blocs d’actions de contrôle augmenter de 400 millions de dollars grâce à la forte hausse boursière des actions de leur multinationale.

Lors des 16 derniers mois sous la férule d’Éric Martel, les actions à droits de vote multiples (BBD.A) ont grimpé de 1,36 $ pièce, passant de 0,65 $ à 2,01 $. C’est par l’entremise de cette catégorie d’actions (à 10 votes par action) que la famille Beaudoin-Bombardier a triplé la valeur de son bloc de contrôle de Bombardier en si peu de temps.

Pour leur part, les actions ordinaires à un droit de vote (BBD.B) se sont appréciées de 1,31 $, passant de 0,42 $ à 1,73 $ pendant cette courte période.

Après s’être notamment départie du secteur des avions commerciaux (C Series, CRJ, etc.) et de Bombardier Transport, la conversion de Bombardier en une multinationale de jets d’affaires semble financièrement prometteuse, si l’on se fie à l’explosion du titre de Bombardier en Bourse.

Le gros lot pour Martel 

Évidemment, la très forte hausse du titre de Bombardier a grandement profité au PDG Éric Martel lui-même.

Grâce aux plantureux blocs d’options et de droits de souscription qu’il a reçus depuis son entrée en fonction, Martel a accumulé en 16 mois une plus-value de quelque 9 millions de dollars.

Cinq semaines après être entré en fonction, soit le 14 mai 2020, le conseil d’administration de Bombardier attribuait à Martel un bloc de 5 949 451 options et droits de souscription à un prix d’exercice de 0,46 $.

Le 11 juin dernier, Martel se faisait octroyer, cette fois, un autre bloc de 2 375 800 options et droits de souscription à un prix d’exercice de 1,07 $.

Une subvention avec ça ?

La plus-value de 400 millions de dollars que les Beaudoin-Bombardier viennent d’accumuler en 16 mois avec leur multinationale de jets d’affaires ne les gêne pas de quémander à nouveau l’aide financière des gouvernements de Québec et d’Ottawa.

La semaine dernière, leur homme clé Éric Martel a révélé au Journal de Montréal qu’une demande d’aide financière avait déjà été soumise, aux gouvernements, en vue de développer un projet costaud et ambitieux d’avions moins polluants. Les axes de développement dudit projet pourraient porter sur l’amélioration de l’empreinte carbone des avions, par l’entremise de carburants moins polluants, d’avions plus aérodynamiques, de moteurs plus efficaces.

Que les investissements de 1,3 milliard de dollars de Québec et de près de 400 millions de dollars du fédéral dans la CSeries aient fondu comme neige au soleil après avoir cédé gratuitement leur fameux avion à Airbus ne freine aucunement l’appétit des Beaudoin-Bombardier pour l’aide financière de l’État.

Et qu’à cela ne tienne, leur PDG Martel pousse le bouchon jusqu’à laisser entendre que les gouvernements auraient même de l’argent avec les retombées fiscales que rapporte la CSeries, devenue l’A220 dans le giron d’Airbus !

Pas sûr, monsieur Martel ! 

Permettez-moi une petite règle de trois et vous allez voir que le « seuil de rentabilité fiscal » est élevé.

Pour contrebalancer la contribution gouvernementale de 1,7 milliard de dollars, il faudra que l’employé type de la C Series ait rapporté, en moyenne, dans les coffres de l’État, un montant net de 680 000 dollars en impôts et en taxes, soit 520 000 dollars à Québec et 160 000 dollars au fédéral.