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Passeport vaccinal: entre soulagement et appréhensions

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Même si la décision d’imposer un passeport vaccinal est saluée par beaucoup d’entreprises qui craignaient une nouvelle fermeture avec la quatrième vague, plusieurs professionnels espèrent que cette nouvelle mesure ne sera pas trop difficile à gérer et qu’elle ne fera pas fuir leur clientèle.

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Fiers de participer à l’effort  

Photo Marin Alarie

« Je ressens de la fierté, quand même. De dire que c’est mon gym qui a été choisi, je suis content », s’exclame Grégoire Merad, gérant du Econofitness Vimont à Laval. C’est dans ce gym que se tiendra le projet pilote pour tester l’application du passeport vaccinal en salle d’entraînement les 17 et 18 août entre 15 h et 19 h.

  • Écoutez l'entrevue avec Laurent Blanchet, directeur des opérations au Saint-Houblon sur QUB radio :

Aucun client ne sera refusé puisque l’essai se fera de façon volontaire avec ceux qui veulent bien apporter leur code QR, explique Renaud Beaudry, vice-président de la bannière qui a été approchée par le ministère de la Santé.

« Plus on a de gens qui participent, plus notre test est efficace », dit-il. Une une rétroaction sera envoyée au ministère.

« La venue du passeport vaccinal, c’est une bonne nouvelle. Pour nous, ça signifie rester ouverts et continuer à être accessibles pour les centaines de milliers de membres. Et les 750 employés qui gardent leur emploi », souligne M. Beaudry.

« Un automne où on ne fermera pas »  

Photo Simon Baillargeon

C’est parce qu’il a « à cœur le retour à une certaine normalité » et le goût d’éviter « à tout prix » une quatrième fermeture des restaurants que le président du Groupe Sportscene et propriétaire de La Cage — Brasserie sportive Jean Bédard a accepté de participer au projet pilote visant à tester l’implantation d’un passeport vaccinal.

« Il faut se préparer à un automne où on ne fermera pas », lance M. Bédard, heureux de voir son restaurant du secteur Lebourgneuf, à Québec, servir de banc d’essai officiel pour le système que le gouvernement souhaite implanter.

Jeudi, les clients qui se présenteront à La Cage Lebourgneuf se verront demander leur preuve vaccinale en version papier ou électronique.

Un appareil scannera le code QR et indiquera immédiatement si la personne est vaccinée ou non.

Leur participation est toutefois volontaire et ne sera pas obligatoire pour entrer dans le restaurant.

M. Bédard dit avoir été approché par le ministère « il y a quelques semaines » et n’a pas hésité à embarquer dans l’aventure.

« Tant qu’à se le faire imposer, on va participer. Si on peut améliorer l’expérience pour les clients et les employés, ce sera ça de fait. » 

L’annonce du passeport vaccinal est généralement accueillie de manière positive dans le monde de la restauration.

Le directeur général du St-Hubert sur Grande Allée, à Québec croit que la façon de faire est « très gérable » et qu’elle pourrait même « pousser d’autres gens à se faire vacciner ».

Surtout, il ne craint pas les problèmes que cela pourrait créer. « On a eu, avec le registre, au début, quelques récalcitrants. Mais la majorité des gens collaborent très bien et je pense que les gens vont s’habituer [au passeport vaccinal]. Je suis confiant. »

Les gyms devraient être essentiels  

Photo Dominique Scali

Après les fermetures, l’endettement et les mises à pied, le copropriétaire d’un petit gym de Montréal se croise très fort les doigts pour que le passeport vaccinal ne vienne pas encore réduire son chiffre d’affaires.

« Est-ce que ça pourrait freiner [l’élan] des gens à prendre de bonnes résolutions ? », s’inquiète Xavier Lesaffre de CrossFit 514, à Verdun.

« Déjà, qu’on ne soit pas considérés comme essentiels, ça vient me chercher », dit-il en rappelant l’impact de l’activité physique sur la santé.

Depuis le début de la pandémie, il a dû passer de 12 à six employés. Il espère que les clients seront au rendez-vous et que la gestion du passeport ne grugera pas trop de temps sur les périodes d’entraînement.

Le bordel des bars  

Photo d'archives

Du côté des tenanciers de bars, les réponses varient. Le copropriétaire du groupe Top Resto, Marc-Antoine Beauchesne, qui accueille une clientèle plus vieille dans l’un de ses établissements, le Parvis, est plutôt confiant quant à la capacité de ses employés à faire respecter les règles.

« À un moment donné, c’est juste une opération de plus, un code QR à la porte. Ce n’est pas le plus gros sacrifice qu’on a fait », affirme-t-il.

Toutefois, le propriétaire du pub le Corsaire, à Lévis, Martin Vaillancourt craint les problèmes et le temps d’attente qu’une telle procédure va engendrer.

« On nous demande quand même de vérifier des pièces médicales. Ça va être le bordel, ça va faire plus de clients insatisfaits », témoigne celui, qui explique ne pas être totalement pour, ni totalement contre.

Lourde charge sur les épaules  

Photo Clara Loiseau

Pour Laurent Blanchet, directeur des opérations à la microbrasserie Saint-Houblon du Quartier Latin, à Montréal, cette nouvelle mesure risque de compliquer la vie des restaurants et des bars qui souffrent déjà d’un manque de main-d’œuvre.

« Il va falloir que j’en demande davantage à mes employés qui sont déjà débordés. J’aurais aimé que cette nouvelle tâche ne repose pas sur les épaules des employés et des restaurateurs », a-t-il expliqué.

Selon lui, il sera tout simplement impossible de trouver de nouveaux employés pour vérifier les codes QR des clients.

M. Blanchet se dit toutefois soulagé que les employés n’aient pas besoin d’être entièrement vaccinés pour travailler.

« Très simple » à intégrer  

Photo Stevens LeBlanc

L’arrivée du passeport vaccinal est vue « d’un bon œil » par Gabriel Hardy, propriétaire du gym Le Chalet et porte-parole provincial du Conseil canadien de l’industrie du conditionnement physique (CCICP), qui est heureux de voir un centre d’entraînement participer au projet pilote.

Les gyms possèdent déjà un système informatique qui contrôle l’arrivée des clients, et M. Hardy estime qu’il sera facile d’y intégrer le passeport vaccinal. « [C’est] très, très simple pour nous. [...] Nous, on sait exactement qui est là, à quel moment, avec qui et pour combien de temps. Tu ne peux pas rentrer sans ta carte d’accès », explique-t-il. 

Ce dernier dit toutefois espérer que le gouvernement allégera les mesures sanitaires avec l’entrée en vigueur du passeport vaccinal.

« De garder les mesures en place malgré le passeport vaccinal ajoute un peu au poids que l’industrie a à supporter. Parce que les mesures font en sorte qu’on n’est pas capable d’accueillir 100 % de notre clientèle. [...] Les petits centres, les studios de spinning, les studios de yoga, ça devient plus problématique parce qu’ils ont moins de place et ça casse leur capacité d’accueil. »  

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