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15 suggestions pour le 12 août

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Cette année, le mouvement « Le 12 août, j’achète un livre québécois » s’allie à celui de « La lecture en cadeau ». Les lecteurs se procurant une œuvre québécoise pourront en profiter pour acheter un livre pour un jeune d’un milieu défavorisé. Pour l’occasion, les auteurs Fanny Britt et Simon Boulerice nous partagent leurs coups de cœur de lectures québécoises. 

Les suggestions littéraires de l’autrice Fanny Britt :  

Photo Pierre-Paul Poulin


1. Anne Hébert – Kamouraska (Seuil, parution originale 1970)

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« Anne Hébert est une virtuose absolue, creusant les souterrains de l’âme humaine avec une élégance et une fougue inégalées. Une descendante québécoise des sœurs Brontë. Kamouraska demeure à mon sens un des romans fondateurs de la littérature québécoise moderne. »


2. Suzanne Jacob – L’obéissance (Boréal, 1991)

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« J’ai redécouvert l’écriture de Suzanne Jacob cette année quand ma mère m’a prêté sa copie de L’obéissance, et j’ai été happée par sa précision, la puissance des images qu’elle crée, son exploration formidablement moderne de la cruauté et des traces que la violence laisse dans son sillage. »


3-4. Robert Lalonde – La belle épouvante et La reconstruction du paradis (Typo, 1981 et Boréal, 2021)

Photo courtoisie

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« Bon je triche ici avec deux titres du même auteur, mais pour moi ces deux grands textes québécois se lisent un peu en miroir : le début de l’âge adulte et d’une grande histoire d’amour dans la première œuvre de Robert Lalonde publiée il y a quarante ans, puis l’état des lieux dans l’âge mûr, après un incendie dévastateur, mais paradoxalement libérateur... La sensibilité de Robert Lalonde est inégalée dans notre paysage, je me tourne vers lui pour faire sens de ce qui gronde ou pleure en moi depuis longtemps, et La reconstruction du paradis a été la grande consolation de mon année 2021. »


5. Caroline Dawson – Là où je me terre (remue-ménage, 2020)

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« Un immense coup au cœur, ce texte m’a totalement soufflée, m’a laissée sans voix, m’a hantée pendant des semaines. Ce que Caroline Dawson parvient à nommer avec un humour et un pouvoir d’évocation absolument extraordinaires, c’est toute la cruauté d’un monde qui dissimule ses inégalités sous un vernis de “vivre-ensemble”, dans une réflexion impitoyable et bouleversante qui nous oblige à examiner nos propres zones d’ombre. » 

  • Roman aussi sélectionné par Simon Boulerice : « Ce livre honore les sacrifices des réfugiés politique, mais célèbre surtout une humaine qui apprend à ne plus s’effacer. C’est de loin le livre qui m’a le plus remué de 2020. Son écriture jaillit d’un endroit tellement sincère, lucide et précieux. C’est superbement écrit, et pourtant totalement dénué d’effets, d’artifices. Ça rentre directement dans le cœur. »  

6. Catherine Lepage – Bouées (La Pastèque, 2020)

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« J’adore Catherine Lepage ! Son roman graphique est drôle, tendre, franc, et c’est un festin pour les yeux. Elle y raconte son adolescence dans les années quatre-vingt avec le talent qu’on lui connait pour capter les grands enjeux de l’existence à travers l’ordinaire. Je veux une suite ! »


7. Marjolaine Beauchamp – Fourrer le feu (Éditions de l’Écrou, 2016)

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« Force de la nature, grande nommeuse de ce qui râpe et triture, Marjolaine Beauchamp m’émeut chaque fois qu’elle prend la parole, en poésie comme au théâtre. Sans détour, lyrique, graveleuse, frontale, fragile, Fourrer le feu est une œuvre qui ouvre le cœur avec des pinces de désincarcération. »


8. Olivier Kemeid – Moi, dans les ruines rouges du siècle (Leméac, 2013)

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« On lit peu de théâtre, alors que c’est une forme si stimulante à lire. Olivier Kemeid est un conteur d’envergure, qui réussit à travers ce texte ample à nous livrer à la fois le parcours intime d’un homme qui immigre de l’Ukraine au Québec et le grand portrait politique et culturel de la deuxième moitié du vingtième siècle. Rarement l’érudition et la sensibilité sont-elles réunies d’aussi harmonieuse façon. »


9. Naomi Fontaine – Kuessipan (Mémoire d’encrier, 2019)

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« J’admire tant de choses de l’écriture de Naomi Fontaine : sa capacité impressionniste à faire vivre une image en peu de mots, sa lucidité, son amour évident pour les personnages qu’elle décrit, son tout jeune âge (23 ans !) au moment de publier cette œuvre-phare... Le souvenir encore très vif que me laisse cette lecture, des années plus tard, confirme que sa voix porte loin, très loin. » 

Les suggestions littéraires de l’auteur Simon Boulerice : 

Photo Agence QMI, Joël Lemay


10. Gabrielle Boulianne-Tremblay – La fille d’elle-même (Marchand de feuilles, 2021)

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« Voilà le récit d’apprentissage d’une survivante qui a choisi d’être elle-même : la narratrice y raconte son parcours transidentitaire, de son enfance à sa vie d’adulte. On y retrouve ce genre de perles : “J’ai été une maison abandonnée et maintenant, je sens qu’elle peut être habitable.” Touchant. »


11. Frédérique Côté – Filibuste (Cheval d’août, 2021)

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« Côté a une passion pour les faits divers, et la bougie d’allumage de ce roman en est un : une famille québécoise se voit bouleversée par l’accident en moto de père, qui entraîne la mort de deux victimes. Le roman offre une polyphonie de voix de femmes drôles et affirmées, dont la mère et la benjamine qui adorent Loft Story. Réjouissant ! »


12. Naomi Fontaine – Shuni (Mémoire d’encrier, 2019)

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« Il s’agit d’une longue lettre à son amie Julie, dite Shuni, une Québécoise qui débarque dans sa communauté pour aider les Innus. Un roman parfait pour découvrir la réalité autochtone, sinon l’une d’entre elles. Un livre sur la résistance, et non la résilience, qui charrie son lot d’émotions. »


13. Michael Delisle – Rien dans le ciel (Boréal, 2021)

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« À mes yeux, il n’y a personne de mieux que Michael Delisle pour sonder la profondeur de la banalité. Dans chacune des nouvelles qui composent ce recueil, on reconnaît un membre de sa famille qui se dépatouille comme il le peut. Livre après livre, la prose de Delisle demeure une merveille. »


14. Abla Farhoud - Toutes celles que j’étais (VLB éditeur, 2015)

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« Un de mes romans préférés portant sur les passions. Aablè a six ans lorsqu’elle quitte le Liban avec sa famille pour s’établir au Québec, et ce qui lui permettra de s’enraciner dans la culture, c’est le théâtre. Un roman remplit de ferveur qui fait du bien et qui nous donne envie de nous accomplir dans la joie. »


15. Élisabeth Benoit – Suzanne Travolta (P.O.L., 2019)

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« Finaliste au Prix littéraire des collégiens en 2020, ce roman est construit comme une tragédie contemporaine, une interrogation à plusieurs voix autour d’un suicide, celui de Marie-Josée, scénographe obscure et sœur d’un acteur célèbre. Roman imprévisible et fascinant, dont l’écriture s’appuie sur des effets de répétition propre à ceux qui chialent trop, comme l’une des narratrices, cette curieuse Suzanne Travolta. »