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30 mois de détention pour une proxénète

Son conjoint et elle ont écopé de peines clémentes

Donjon bourreaux prostitution
Photo d'archives Marie-Soleil Vallières-Campeau et Michel Botros (en mortaise) avaient séquestré leur victime dans ce logement de la rue Cartier à Boisbriand, en 2019.

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Deux conjoints qui ont séquestré, battu et forcé une jeune femme à se prostituer se sont mutuellement rejeté le blâme devant les tribunaux, écopant, au final, de peines plutôt clémentes.

Marie-Soleil Vallières-Campeau s’est reconnue coupable, jeudi, au palais de justice de Saint-Jérôme, de proxénétisme et de voies de fait sur une femme de 22 ans.

À l’hiver 2019, la victime, qu’on ne peut nommer, a été séquestrée pendant un mois et demi dans le logement de l’accusée et de son conjoint de l’époque, Michel Botros, à Boisbriand. Elle ne pouvait pratiquement ni dormir ni manger, devant recevoir une dizaine d’hommes par jour.

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Étranglée et mordue

Si elle refusait, l’accusée lui frappait la tête sur le lavabo, l’étranglait et la mordait.

Son calvaire avait pris fin en avril 2019, alors qu’elle fut sauvée par un homme qui sollicitait ses services sexuels. Trop troublé par son piètre état, il l’avait plutôt aidée à s’enfuir, avait rapporté Le Journal, à l’époque. 

Michel Botros a rapidement plaidé coupable à des accusations de séquestration et avoir bénéficié d’un avantage matériel de la prostitution. Il avait alors jeté la responsabilité sur sa coaccusée, disant que c’était elle qui maltraitait la victime.

Mais selon l’avocat de Marie-Soleil Vallières-Campeau, cette dernière était plutôt sous l’emprise de Botros, qui avait 28 ans, alors qu’elle venait d’en avoir 18.

« Instrumentalisée »

« Elle a été instrumentalisée dans cette relation. Elle agissait avec violence envers la victime pour plaire à M. Botros », a dit en cour Me Karam Mahrez.

La jeune femme a écopé d’une peine de 30 mois de détention, ce « qui peut paraître bas », a-t-il admis, mais qui tient compte des « circonstances particulières ».

« Compte tenu de la contrainte qu’elle subissait », il s’agit d’une peine « raisonnable », a ajouté la procureure de la Couronne Me Annie Roy, précisant que la victime n’aura ainsi pas à témoigner « de cette période sombre » lors d’un procès.

Même s’il considère la peine suggérée en « deçà de ce que l’on voit », le juge Sylvain Lépine a dit tenir compte du passé de l’accusée et de son absence d’antécédent judiciaire.

Michel Botros, qui traîne une longue feuille de route en matière de violence, avait pour sa part écopé de 42 mois de détention. Une peine clémente, avait convenu le juge Éric Côté, entérinant malgré tout la suggestion des parties.

– Avec la collaboration de Claudia Berthiaume et de Christian Plouffe