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Éclosions et passeport sanitaire: encore du flou entourant le retour en classe

Plusieurs craignent une augmentation du nombre d’élèves en isolement au primaire

GEN-Portrait de Sylvain Martel coporte-parole du Regroupement des comités de parents autonomes du Québec
Photo Agence QMI, Mario Beauregard Sylvain Martel, co-porte-parole du Regroupement des comités de parents autonomes du Québec, s’oppose à l’imposition du passeport vaccinal pour certaines activités au secondaire.

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Même si le plan de retour en classe est généralement bien accueilli dans le réseau scolaire, de nombreuses questions demeurent sans réponse. Plusieurs craignent que les cas positifs et les mesures d’isolement se multiplient dans les écoles primaires cet automne, alors que le passeport vaccinal au secondaire ne fait pas l’unanimité.

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Les acteurs du réseau de l’éducation ont d’abord été nombreux mercredi à applaudir le retour à la vie «presque normale» dans les écoles, lequel permettra aux jeunes de renouer avec les programmes particuliers, les cours à option et les activités parascolaires rendus impossibles l’an dernier en raison des bulles-classes.  

Seule la Fédération autonome de l’enseignement aurait préféré que le gouvernement Legault soit plus prudent en imposant le port du masque en classe dès les premières semaines d’école, afin de «casser la quatrième vague» qui s’amorce. 

Mais plusieurs dénoncent le «flou» entourant la gestion des cas positifs dans les écoles et l’imposition du passeport vaccinal au secondaire pour certaines activités, dont les modalités seront annoncées au cours des prochains jours. 

«On a encore une fois plus de questions que de réponses», déplore Éric Gingras, président de la Centrale des syndicats du Québec. 

Des directions d’école se demandent comment seront gérés les cas positifs en l’absence de bulles-classes. Un jeune du primaire pourrait se retrouver à la maison parce qu’il aura été en contact avec un cas positif dans sa classe, mais aussi au service de garde ou lors d’une activité parascolaire.  

«Ça va devenir très compliqué. Est-ce qu’au lieu de mettre 25 ou 30 élèves en isolement [pour chaque cas positif], il va falloir en mettre 100?» lance Kathleen Legault, présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire. 

Plus d’élèves en isolement?

Plusieurs anticipent une augmentation du nombre d’écoliers qui devront être placés en isolement cet automne.  

«Avec des élèves non vaccinés et un variant plus contagieux, c’est clair que ça va avoir un impact sur le taux de présence des élèves au primaire», affirme Nicolas Prévost, président de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement. 

Le son de cloche est similaire du côté de la Fédération des comités de parents du Québec. «Il va falloir s’attendre à ce que nos enfants soient plus souvent chez nous», laisse tomber son président, Kévin Roy. 

Les élèves qui seront isolés à la maison alors que leur groupe-classe sera à l’école auront droit à un «suivi pédagogique» quotidien de la part de leur enseignant, qui leur fournira des travaux à faire à la maison à l’aide d’outils informatiques fournis par l’école, indique le ministère de l’Éducation. 

Le passeport vaccinal dénoncé

Par ailleurs, l’imposition du passeport vaccinal au secondaire pour participer à des activités parascolaires «à haut risque» est dénoncée haut et fort par le Regroupement des comités de parents autonomes du Québec (RCPAQ).  

Le ministère de l’Éducation a précisé mercredi au Journal que le passeport vaccinal sera aussi obligatoire pour prendre part à des compétitions interécoles dans le cadre de projets pédagogiques particuliers, comme le sport-études ou les concentrations. 

«Pour nous, c’est inacceptable, ça vient créer deux classes d’élèves. Ça crée une brèche dans l’accès universel à l’école», affirme Sylvain Martel, co-porte-parole du RCPAQ. 

Pour plusieurs adolescents, la décision de se faire vacciner ne relève pas d’eux mais bien de leurs parents, souligne-t-il. 

Des directions d’école s’interrogent aussi sur les risques de «possible ségrégation» que pourrait entraîner cette mesure. 

Lecteurs de C02

Plusieurs acteurs du réseau ont par ailleurs déploré les délais entourant l’installation des lecteurs de C02 dans toutes les classes de la province, une opération qui sera complétée d’ici décembre.  

Les syndicats d’enseignants jugent la situation «inacceptable» alors que des directions d’école déplorent que le gouvernement Legault n’ait pas agi plus rapidement. 

«Ça va être rassurant d’avoir un portrait de la situation dans chaque classe, mais on se demande pourquoi cette démarche n’a pas été entreprise plus tôt», affirme Kathleen Legault.  

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