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Louis Vachon: un banquier impressionnant

Louis Vachon
Photo Chantal Poirier Louis Vachon
PDG de la Banque Nationale

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Après un peu plus de 14 années à la tête de la Banque Nationale, nul doute que le banquier Louis Vachon pourra, en octobre prochain, tirer sa révérence avec le sentiment du devoir accompli.

Avant de faire le bilan financier de la Banque Nationale sous la férule de Louis Vachon, je dois dire que l’homme m’a vraiment impressionné lors de la grave déconfiture boursière qui a ébranlé le monde de la haute finance en mars 2020 alors que la pandémie de la COVID-19 commençait à faire des ravages à la grandeur de la planète.

En faisant quoi ? En achetant, lors de trois séances boursières houleuses, des blocs d’actions de la Banque Nationale, soit 30 000 actions au total. Pour un coût total de presque 1,5 million de dollars.

Vous vous demandez sans doute en quoi ce geste est si impressionnant à mes yeux.

SON APPUI AUX ACTIONNAIRES

Comme tous les patrons des grandes banques, Louis Vachon n’en a vraiment rien à foutre d’acheter sur le marché des actions additionnelles de sa banque puisqu’il détient déjà une tonne d’actions et d’options de la banque dans son portefeuille personnel.

S’il a acquis en mars 2020 des actions de sa banque pendant que celle-ci subissait une dégelée en Bourse, c’était, à mon avis, strictement dans le but de montrer aux actionnaires de la Banque Nationale qu’il soutenait son titre. Et au prix moyen de 49,60 $ qu’il payait les actions, cela, devait-il croire, représentait un bon investissement.

Remarquez que l’action de la Banque Nationale lors de la crise boursière de mars 2020 avait chuté jusqu’à un creux de 38,73 $ dans les jours qui ont suivi son dernier achat.

Qu’à cela ne tienne, Vachon ne s’est pas trompé puisque l’action de la Banque Nationale a explosé depuis ce creux de mars 2020. Elle se négocie aujourd’hui au-dessus de la barre des 97 $. Eh oui ! il a plus que doublé la valeur de « petit » investissement de mars 2020.

Mais sachez que cela ne représente qu’une petite fraction de la valeur actuelle de son portefeuille en actions et options de la Banque Nationale. 

BILAN DEPUIS JUIN 2007

Depuis l’entrée en fonction de Louis Vachon le 1er juin 2007, l’action de la Banque Nationale a triplé de valeur, passant de 32,20 $ à 97,60 $, pour une appréciation de 203 %.

Des six grandes banques canadiennes, c’est la Banque Nationale qui a affiché, et de loin, la meilleure performance boursière au cours de cette longue période. Sa plus proche poursuivante, la Banque de Toronto, a vu son titre grimper de 100 %. Suivent ensuite les titres de la Banque Royale (+ 95 %), la Banque de Montréal (+ 57 %), la Banque Scotia (+ 32,5 %) et la Banque CIBC (+ 27,5 %).

Si l’action de la Banque Nationale a tant augmenté, c’est évidemment en raison de la solide performance financière de la banque depuis juin 2007.

À la fin d’avril dernier, son actif moyen s’élevait à 361 milliards $, en hausse de 235 milliards $ par rapport à juin 2007, soit une augmentation de 186 %.

Lors du dernier exercice financier terminé en octobre 2020, le revenu total de la banque atteignait les 8,2 milliards $, comparé à 3,4 milliards $ en 2007. Pour une augmentation de 141 %.

Quant à la profitabilité de la Banque Nationale, le bénéfice net est passé de 541 millions $ (en 2007) à 2 milliards $ lors de l’exercice 2020. En hausse donc de 270 %.

L’exercice 2021 s’annonce plus rentable que celui de 2020, lequel, faut-il le rappeler, a été durement touché par la crise économique liée à la pandémie du coronavirus.

Des analystes s’attendent à un bénéfice net de 2,9 milliards $ pour le dernier exercice financier sous Louis Vachon. Cela laisse entrevoir que sous lui, le bénéfice net de la Banque Nationale aura quintuplé.

Bravo !