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Atteint de COVID longue, on lui refuse le vaccin

L’homme était considéré comme encore symptomatique

Claude Sévigny, 58 ans, souffre de problèmes de santé graves depuis qu'il a été infecté par la COVID-19 en avril 2020. On le voit ici très mal en point le 13 août 2021.
Photo courtoisie Claude Sévigny, 58 ans, souffre de problèmes de santé graves depuis qu'il a été infecté par la COVID-19 en avril 2020. On le voit ici très mal en point le 13 août 2021.

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Un homme atteint de la COVID longue dénonce avoir été cavalièrement expulsé d’un centre de vaccination de Joliette mardi dernier parce qu’on le considérait à tort comme encore symptomatique. 

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« On a été traité comme la peste, se souvient Claude Sévigny. Quand j’ai dit que j’avais encore des séquelles, le gardien de sécurité s’est presque mis à courir. »

Il n’y avait pourtant rien à craindre : l’homme de 58 ans a été déclaré négatif à la COVID-19 au printemps 2020, quelques semaines après avoir été infecté, lors de la première vague. 

COVID longue 

M. Sévigny souffre cependant de plusieurs problèmes de santé depuis, au point d’avoir du mal à tenir debout plus de quelques minutes. 

Avant de recevoir sa première dose, il tenait à faire connaître sa condition médicale au personnel de la clinique, question de savoir si le vaccin était recommandé pour les patients dans son état. 

Claude Sévigny, qui souffre de la COVID longue, avec sa conjointe, Louise Gaboury, le 13 août 2021. Ils ont tous les deux été refoulés d'une clinique de vaccination.
Photo courtoisie
Claude Sévigny, qui souffre de la COVID longue, avec sa conjointe, Louise Gaboury, le 13 août 2021. Ils ont tous les deux été refoulés d'une clinique de vaccination.

« Ils n’ont pas fait la différence entre avoir la COVID et avoir la COVID longue. On a été traités comme si on était des irresponsables qui allaient se faire vacciner en étant contagieux », dénonce la conjointe de M. Sévigny, Louise Gaboury, qui était présente à ses côtés mardi dernier. 

Elle raconte que c’est finalement un cadre du centre de vaccination qui est venu calmer le jeu. Ce dernier leur aurait indiqué que, pour être vaccinés, ils devaient de nouveau aller passer un test de dépistage, et ce, même s’ils avaient déjà en main la preuve qu’ils n’étaient plus porteurs du virus.  

Rien pour rassurer ce couple de Saint-Michel-des-Saints qui avait attendu avant d’accepter de se faire vacciner, surtout par crainte d’aggraver l’état de santé de monsieur. 

« Je ne sais pas si on va y retourner. On va probablement attendre d’aller chez son médecin à la fin du mois pour prendre une décision », confesse Mme Gaboury, découragée. 

Le CISSS de Lanaudière a reconnu que son personnel a été appelé, avec l’arrivée du variant Delta, à « redoubler de vigilance ».

Le vaccin souhaitable, même pour la COVID longue   

Le vaccin s’accompagne souvent d’effets secondaires chez les patients atteints de la COVID longue, mais le jeu en vaut quand même la chandelle, assurent les spécialistes. 

«Je le recommande à tous mes patients. Oui, ils réagissent plus, mais il faut le faire», insiste la Dre Thao Huynh, qui mène présentement une étude sur cette mystérieuse maladie. 

Parmi son groupe-test, une participante a même vu ses symptômes disparaître presque du jour au lendemain après avoir été vaccinée. 

Et elle n’est pas un cas unique. Les premiers résultats d’une étude britannique indiquaient en mai dernier que 57% des patients atteints de COVID longue durée avaient vu leur état de santé s’améliorer après avoir reçu le vaccin, alors que seulement 19% affirmaient que leur condition s’était détériorée à la suite de la première dose. 

«C’est encore anecdotique, mais ce que je dis à mes patients, c’est que ça ne peut pas nuire», nuance la Dre Huynh, épidémiologiste et cardiologue au Centre universitaire de santé McGill. 

Toujours malade

Violaine Cousineau ne fait malheureusement pas partie de ceux qui ont vu leur santé s’améliorer après le vaccin. Dix mois après avoir été infectée par le coronavirus, cette enseignante de Montréal est toujours hypothéquée; elle peine à avoir assez de souffle pour entretenir une longue conversation. 

«Le vaccin a même été très éprouvant. Pendant 10 heures, j’ai eu l’impression de revivre la COVID», raconte Mme Cousineau, qui ne regrette rien cependant et qui appelle la population à aller se faire vacciner.

Elle se réjouit toutefois de ne pas avoir à être vaccinée une deuxième fois, comme la Santé publique a statué que les personnes qui ont déjà contracté le virus n’ont besoin que d’une seule dose pour être considérées comme immunisées. 

Encore peu connue

Mme Cousineau concentre maintenant ses énergies à faire reconnaître la COVID longue comme un enjeu sérieux. 

«Je suis sidérée que l’on ne parle pas de la COVID longue avec le variant Delta et que l’on ne regarde que les hospitalisations pour décider de la réouverture de l’école», regrette-t-elle, en soulignant qu’environ 10% des gens qui ont attrapé le virus vont développer la maladie à long terme. 

Se manifestant surtout par des problèmes respiratoires, mais également par des maux de tête et des difficultés de concentration, la COVID longue reste encore relativement incomprise des médecins. 

«Tout ce que l’on sait, c’est que les femmes sont plus touchées. Mais parmi mes patients, il y en a de tous les âges et il y en a plusieurs qui étaient en très bonne forme», note la Dre Huynh. 

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