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Le milieu culturel du Saguenay–Lac-Saint-Jean sous le choc après la mort du réalisateur Philippe Belley

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Le décès du réalisateur et producteur Philippe Belley a créé une onde de choc dans le milieu culturel comme dans le milieu politique du Saguenay—Lac-Saint-Jean.

«J'ai eu un choc immense. Le choc n'est pas encore passé», a déclaré le député péquiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault.

À 39 ans, il a été terrassé par un malaise, jeudi, en nageant avec sa fille dans les eaux du lac Clairval, à Laterrière. Le père et sa fille projetaient de traverser le lac Saint-Jean à la nage.

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«C'est particulièrement tragique comme circonstances, a indiqué pour sa part la directrice générale de la Société d’histoire du Lac-Saint-Jean, Anne-Julie Néron. Il y avait un projet familial derrière ça.»

La mairesse de Saguenay, Josée Néron, qui a côtoyé le disparu à plusieurs reprises, n’en revient pas. «Je ne le réalisais carrément pas. Un homme de 39 ans qui traverse un lac avec sa fille, c'est impensable. On perd un beau talent. Le départ de Philippe a laissé un énorme vide. D'être devant sa caméra, c'était vraiment facile. Il venait nous chercher et nous facilitait la tâche.»

Le travail du réalisateur avait déjà été récompensé par un prix Numix en 2018, pour la websérie L'usine et ma vilaine mémoire de 9 ans, où il racontait la disparition de son père, âgé de 40 ans, à La Baie, survenue quand il avait 9 ans.

C'est en faisant du tournage à la Traversée internationale du lac Saint-Jean, voilà quelques années, que Philippe Belley avait eu la piqûre de vaincre le majestueux plan d’eau: faire 32 km à la nage avec sa fille. Il s'entraînait sérieusement avec elle depuis deux ans.

«Je crois que sa traversée, maintenant, va être infinie et immortelle», a témoigné la présidente du Conseil des arts de Saguenay, Julie Morin. Le réalisateur siégeait à ce conseil.

«Je lui ai parlé dans les derniers jours, a ajouté Mme Morin. On allait faire un projet ensemble au courant de la semaine prochaine. Et la phrase qu'il m'a dite, tu sais, je suis heureux. Beaucoup, beaucoup de peine, d'émotions, de compassion pour tous ceux qui l'aiment. Son sourire nous a tous marqués. Son humanité, son humour. Je vais m'ennuyer de son humour. C'est très lourd d'imaginer que ce départ est réel.»

Vendredi à 19h, Julie Morin propose une rencontre devant l'église St-Édouard de La Baie, un édifice défendu par le disparu. «C’est pour avoir la chance d'exprimer, les gens qui aiment Philippe, à quel point nous sommes dévastés. Et partager un peu cette peine-là. Avec la pandémie, on est tous des gens un peu ébranlés avec le manque de contacts», a souligné Julie Morin.

Les éloges du réalisateur fusent de toutes parts. «Philippe était quelqu'un qui était connu de tous et apprécié de tous, se souvient Anne-Julie Néron. Il avait un grand intérêt pour l'Histoire régionale, mais aussi pour les personnes, pour les humains derrière cette Histoire-là. Oui, c'est un très grand amoureux de la région.»

Sylvain Gaudreault estime qu’il était toujours présent dans le paysage culturel et social. «Philippe Belley, c'est un liant. Je ne suis pas capable d'en parler au passé. Philippe Belley c'est un liant, comme un ciment entre différentes briques du milieu culturel, estime le député. Une capacité de comprendre notre culture dans la région qui est tout à fait particulière.»

Sylvain Gaudreault a déjà réservé un moment pour que l'Assemblée nationale lui permette, lors de la prochaine session parlementaire, de faire une déclaration qui rendra hommage à Philippe Belley.