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Leur fille happée mortellement: ils écrivent au PM pour obtenir un trottoir

Les parents endeuillés réclament le financement «en totalité»

Prêts à vendre pour financer un trottoir
Photo Dominique Lelièvre La jeune Anaïs a été happée mortellement alors qu’elle était sur l’accotement de la rue Principale (route 271) en 2018.

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Le couple de Saint-Flavien qui se bat pour obtenir un trottoir sur la rue Principale, où leur fille a été happée mortellement en 2018, se tourne vers le premier ministre François Legault pour réclamer le financement de l’infrastructure.

Comme le rapportait Le Journal plus tôt cette semaine, l’aménagement d’un trottoir sur la rue Principale (route 271) de Saint-Flavien, qui était une recommandation de la coroner qui s’est penchée sur le décès d’Anaïs Renaud, 11 ans, est conditionnel à l’approbation par les contribuables de la municipalité d’un emprunt de près de 1,2 million $ dans le cadre d’un référendum à venir.

Dans une lettre adressée au premier ministre vendredi, les parents d’Anaïs déplorent que «la responsabilité et les décisions quant à l’installation, la réfection et l’entretien des trottoirs ou bandes cyclables soient reléguées aux plus petits joueurs que sont la plupart des municipalités du Québec», même lorsque la route est de compétence provinciale, comme c’est le cas de la route 271.

Prêts à vendre pour financer un trottoir
Photo Dominique Lelièvre

Ce faisant, les municipalités «à leur tour relèguent à plus petits qu’eux, soit les citoyens, des responsabilités aussi vitales que la sécurité des usagers les plus vulnérables de nos routes», analysent Jacinthe Latulippe et Étienne Renaud.

Ils estiment que la loi devrait être élargie, pour que la gestion des trottoirs tombe dans les responsabilités du ministère des Transports.

Polarisant

Or, l’aménagement d’un trottoir est un sujet qui polarise à Saint-Flavien. Il reviendrait à 88$ par année, par immeuble imposable, pendant 25 ans, ce qui fait grincer des dents chez certains. Les parents d’Anaïs, et plusieurs autres résidents, craignent un résultat défavorable qui renverrait aux calendes grecques sa réalisation.

«Même si de nombreux experts se sont penchés sur le dossier et que tous recommandent l’ajout d’un trottoir pour sécuriser les transports actifs, au bout du compte ce sera le citoyen préoccupé par le budget de son ménage et mal informé des différentes dispositions en matière de sécurité routière, à qui incombera la décision finale», s’alarment les parents dans la missive.

Prêts à vendre pour financer un trottoir
Photo Dominique Lelièvre

«On nous a mis face à un choix peu acceptable, presque, pour ceux qui hésitent et qui se questionnent», estime également Mme Latulippe en entrevue. En outre, elle ne comprend pas pourquoi le conseil municipal, entre deux scénarios de trottoir, a choisi le plus large et le plus cher.

La mère et son conjoint demandent l’aide de M. Legault pour abroger le règlement municipal d’emprunt portant sur le trottoir, ce qui rendrait par le fait même inutile la tenue d’un référendum, et appellent le gouvernement à «financer en totalité» le projet, pour assurer que la recommandation de la coroner se concrétise.

L’organisme Piétons Québec déplore aussi la tournure des événements. «On ne ferait pas un référendum sur un règlement d’emprunt pour la construction d’une route même si elle dessert seulement 10 maisons. On construit la rue et il n’y a pas de questions qui se posent, ça fait partie du budget, donc c’est certain qu’on assiste un peu à une situation de deux poids, deux mesures», estime Sandrine Cabana-Degani, directrice de l’organisme.

Le maire de Saint-Flavien, Normand Côté, n’a pas donné suite à nos demandes d’entrevue formulées depuis une semaine. Il n’était pas disponible pour commenter vendredi après-midi.

Campagne de sociofinancement

Jacinthe Latulippe et Étienne Renaud s’étaient dits prêts plus tôt cette semaine à vendre leur commerce, une crémerie fondée en l’honneur de leur défunte fille, pour amasser 50 000 $ et ainsi réduire la facture du trottoir.

En retour, des citoyens ont lancé une campagne de sociofinancement sur la plateforme GoFundMe, pour récolter la même somme et éviter à la famille Renaud la vente de son commerce. Au moment d’écrire ces lignes, le montant récolté s’élevait à 1961$.

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