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La fête gâchée de la rentrée scolaire

Conférence de press\Rentrée Scolaire
Photo Agence QMI, Thierry Laforce Dans les officines, on a bon espoir que des vaccins seront autorisés pour ces jeunes de moins de 12 ans cet automne.

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Au moment de dévoiler le plan de la rentrée scolaire, le ministre Jean-François Roberge souriait à pleines dents, mais le sourire avait quelque chose d’un peu forcé. Le port du masque maintenu dans l’autobus et dans les aires communes constitue une certaine douche froide.

En juin, le gouvernement prévoyait une rentrée normale. François Legault laissait entrevoir la fin du masque dans les lieux publics.

Mais lorsque le ministre de l’Éducation est revenu de ses vacances, il a été refroidi par la direction de la santé publique. Il y a le variant Delta et, bien que le nombre de cas ne soit pas si élevé, la courbe est déjà nettement à la hausse.

Bien sûr, le retrait du masque en classe, la fin des groupes-bulles et la reprise du parascolaire constituent de grandes améliorations par rapport à la précédente année covidienne.

Mais, bien des ados et des parents ont eu le même questionnement mercredi : Si le masque est toujours nécessaire malgré deux doses de vaccin, que faudra-t-il pour revenir à la normale ?

Protéger les plus jeunes

Selon nos informations, la Santé publique a insisté sur un point, dans ses échanges avec le gouvernement. Même vacciné, un ado du secondaire peut attraper la COVID en étant à proximité des autres dans les corridors. 

Ensuite, il peut transmettre le virus à un jeune frère ou une jeune sœur de moins de 12 ans, qui ne sont pas vaccinés, et qui peuvent contaminer leur classe au primaire.

Dans d’autres pays qui ont connu la recrudescence de cas avant le Québec, comme l’Angleterre, des jeunes ont été malades. Le gouvernement Legault a donc accepté de maintenir la même protection dans les aires communes tant au primaire qu’au secondaire.

Dans les officines, on a bon espoir que des vaccins seront autorisés pour ces jeunes de moins de 12 ans cet automne. La situation pourrait donc évoluer positivement.

L’obligation d’un passeport vaccinal pour des activités jugées « à haut risque », qui seront identifiées d’ici la rentrée, a aussi semé l’inquiétude.

Des interrogations

Mais logiquement, je ne vois pas comment le gouvernement pourrait interdire l’accès à un programme de sport-étude à un jeune qui n’a pas reçu deux doses de vaccin, puisqu’il s’agit d’un programme pédagogique, dans le cursus scolaire.

À la rigueur, j’imagine que la double dose pourrait être imposée pour certaines compétitions interscolaires, par exemple.

Il était étonnant aussi de voir le ministre incapable de dire ce qu’il adviendra des classes où un ou des cas de COVID seront déclarés en septembre.

Mais à ce sujet, Jean-François Roberge doit attendre les recommandations des scientifiques. Il aurait pu leur mettre de la pression pour obtenir des réponses plus rapidement. Mais d’un autre côté, des recommandations émises le plus près possible de la rentrée risquent moins d’être modifiées parce que la situation a évolué.

Bref, dans l’ensemble, Québec préfère jouer de prudence. Et, surtout, veut éviter de se montrer plus permissif au départ et d’avoir ensuite à reculer. 

C’est possiblement la meilleure voie à suivre, malgré la lassitude.

Gardons les chapeaux et les flûtes de fête pour un peu plus tard.

Si vous avez hâte à la « vraie » normalité vous aussi, faites-vous vacciner...