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Le sort des logements abordables inquiète

Des élus sont préoccupés par le manque de contrôle

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Photo Agence QMI, Joël Lemay La ministre de l’Habitation du Québec, Andrée Laforest, était à Montréal hier, en compagnie de Pablo Rodriguez, le leader du gouvernement à la Chambre des communes.

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La ministre québécoise de l’Habitation, Andrée Laforest, se dit préoccupée par le fait que des riches aient pu mettre la main sur des logements abordables.

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Hier, notre Bureau d’enquête révélait que des centaines de logements destinés à des personnes moins nanties, par l’entremise d’un programme de la Ville de Montréal, avaient été achetés par de riches investisseurs, des médecins spécialistes et même des proches de promoteurs.

« C’est assez préoccupant », a convenu la ministre de l’Habitation du Québec, Andrée Laforest, avant de dire que c’était à la Ville de Montréal d’instaurer de meilleurs contrôles.

« Ça ne nous concerne pas, nous, puisque Montréal est autonome au niveau de l’habitation », a-t-elle indiqué, hier.

Investissement de 1,5 G$

Mme Laforest était justement dans la métropole pour annoncer des investissements en logements abordables de 1,5 G$, avec le gouvernement fédéral.

Cet argent vise notamment à ériger 1300 logements dans la prochaine année.

Le leader parlementaire Pablo Rodriguez, qui représentait le gouvernement Trudeau à cette annonce, a qualifié d’« immoral » le comportement des investisseurs révélé dans notre enquête.

Questionné à savoir si la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) réussissait à empêcher ce type d’abus dans ses programmes d’abordabilité, M. Rodriguez s’est contenté de dire qu’il y avait « des mécanismes de suivi ».

« On s’attendrait [à ce] que les loyers de ces logements soient davantage abordables. S’il n’y a pas de contrôle au niveau de la location, c’est une faille importante », a pour sa part jugé le porte-parole du regroupement des comités logement du Québec Maxime Roy-Allard.

Selon lui, « se fier au marché privé » pour offrir du logement à bas prix n’est pas une bonne solution.

La VG interpellée

« C’est presque un scandale. Des unités destinées à la classe moyenne sont prises par des gens qui ont beaucoup de moyens et ça contribue à la surchauffe immobilière », a lâché le député de Québec solidaire Andres Fontecilla.

Il croit que la vérificatrice générale de Montréal devrait « mettre son nez dans ce dossier pour évaluer l’ampleur du problème ». M. Fontecilla espère que le nouveau règlement mis en place par la mairesse Valérie Plante permettra un meilleur contrôle.

L’opposition à l’Hôtel de Ville, Ensemble Montréal, en doute toutefois.

« Même avec tout le bon vouloir de la machine administrative, on ne pense pas que la Ville est en mesure de faire ces suivis serrés qui prendraient beaucoup de ressources », a évalué la conseillère municipale du parti de l’ex-maire Denis Coderre, Karine Boivin-Roy.

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