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Trudeau: la facture aux générations futures

GEN-Conférence de presse du Premier Ministre François Legault et de Justin Trudeau à Montréal
Photo Agence QMI, Mario Beauregard En 2022, la dette de l’État fédéral canadien aura presque doublé par rapport au dernier budget du gouvernement conservateur de Stephen Harper, en 2015.

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Le bilan budgétaire du gouvernement fédéral sous Justin Trudeau se résume en un magistral bond de la dette. Et ce sont les générations futures qui vont en payer le gros de la facture avec leurs impôts et taxes pendant des décennies.

À la fin de l’exercice en cours, la dette fédérale va atteindre les 1234 milliards de dollars, soit 32 362 $ par tête de Canadien. C’est presque le double de la dette fédérale de 629 milliards $ au 31 mars 2015, sous le précédent gouvernement conservateur de Stephen Harper.

Élu la première fois en octobre 2015, puis une seconde fois en octobre 2019, Justin Trudeau a bouclé systématiquement tous les exercices financiers dans le trou.

Son gouvernement a accumulé des déficits de l’ordre de 54 milliards lors de son premier mandat. Mais c’est évidemment lors de son second mandat que le gouvernement minoritaire de Justin Trudeau, à cause de la COVID-19, s’est senti obligé de ne pas lésiner sur la dépense.

Conséquence : des déficits dépassant au total la barre des 500 milliards $ ont suivi.

Ce qui a fait exploser la dette fédérale.

POUVAIT-IL FAIRE AUTREMENT ?

La grande question : compte tenu de la sévère crise économique mondiale déclenchée par la pandémie du coronavirus à partir de la mi-mars 2020, Justin Trudeau pouvait-il rester de glace devant la catastrophe financière qui frappait les ménages et les entreprises et se contenter de limiter au minimum les dépenses fédérales ?

Non ! Pas de doute que son « Plan d’intervention économique du Canada pour répondre à la COVID-19 » a permis aux millions d’éclopés canadiens de la pandémie (particuliers, entreprises) de sauver les meubles, pour la plupart d’entre eux. 

Et par surcroît, il est important de mentionner que l’ambitieux « Plan d’intervention » de Trudeau a également permis de soutenir financièrement les gouvernements provinciaux, ces derniers bénéficiant des taxes et impôts provinciaux que les prestataires des multiples programmes d’aide fédérale ont payés durant la pandémie.

LE COÛTEUX PLAN

C’est ce fameux plan « anti-désastre COVID » de Justin Trudeau qui a fait bondir comme jamais la dette fédérale à cause de l’explosion des récents déficits budgétaires.

Le déficit du gouvernement fédéral en 2020-21 s’élevait à 354 milliards $. Celui de l’actuel exercice 2021-22 devrait atteindre les 155 milliards $. Même l’exercice 2019-20 a écopé de la COVID-19, le déficit grimpant de 28 milliards $ lors du seul mois de mars 2020.

Ce qui donne depuis mars 2020 un cumulatif de 537 milliards $ de déficit, à cause en grande partie des mesures mises en place par le gouvernement Trudeau pour aider les Canadiens à lutter contre le désastre économique généré au Canada par la pandémie du coronavirus.

À cela s’ajoutent des centaines de milliards de dollars d’assouplissement monétaire de la part de la Banque du Canada, de prêts bancaires à taux réduits, etc.

QUAND ON SE COMPARE

Est-ce que le gouvernement Trudeau a fait preuve d’une trop grande « générosité » à l’endroit des éclopés canadiens de la COVID-19 ?

Chose certaine, il n’a pas eu peur de dépenser. Aucune hésitation ! Un problème, un programme. Pas de temps à perdre avec les modalités. On corrigera le tir plus tard !

Mais à la décharge de Trudeau, il faut dire qu’il en fut de même chez la plupart des pays du G20. Globalement, selon l’Agence France-Presse, les pays du G20 ont dépensé quelque 16 000 milliards $ US pour relancer leurs économies depuis le début de la fichue pandémie du coronavirus.

Ce sont Donald Trump et son successeur Joe Biden qui ont le plus « investi » dans le cadre de la grave crise liée à la COVID-19. 

DES ERREURS

Des erreurs ? Bien sûr qu’il y en a eu. C’était inévitable à cause de la folle rapidité avec laquelle le gouvernement Trudeau a mis en place son fameux plan d’intervention pour lutter contre la COVID.

Le plus « bel » exemple ? La généreuse PCU qui a eu pour conséquence de « forcer » nombre de prestataires à rester à la maison au lieu de retourner sur le marché du travail à un salaire inférieur !

Autre erreur ? Au fil des mois, verser à des prestataires de la PCU plus d’argent que leur revenu annuel !

Et que dire de la mesure du « Compte d’urgence », qui a permis à des centaines de milliers de petites entreprises canadiennes de bénéficier d’un prêt sans intérêt de 60 000 $, dont un total de 20 000 $ sera radié si le solde du prêt est remboursé au plus tard le 31 décembre 2022 ?

OK pour le prêt sans intérêt. Il y a eu des prêts octroyés pour 49 milliards de dollars.

Mais pourquoi donner par surcroît aux propriétaires des entreprises bénéficiaires des prêts sans intérêt un cadeau de 20 000 $ ? Un immense cadeau qui risque de nous coûter collectivement plus de 10 milliards de dollars.

Ça, monsieur Trudeau, c’est inéquitable envers les contribuables ! 

PRÉOCCUPANT, MÊME AVANT LA PANDÉMIE