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La crise aura-t-elle aidé les libéraux?

Les partis d’opposition devront faire campagne sur l’avenir

GEN-Conférence de presse concernant la relance du secteur aérospatial québécois
Photo d'archives, Agence QMI Justin Trudeau a participé à une conférence de presse à Montréal, en juillet, durant laquelle il a annoncé une aide de près de 700 millions $ pour soutenir l’industrie aéronautique.

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Réélus il y a moins de deux ans, les libéraux auront connu un court mandat monopolisé par la gestion de la pandémie. En campagne électorale, les partis d’opposition pourront difficilement critiquer des programmes d’aide qu’ils ont appuyés en temps de crise, estiment des experts. 

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Malgré quelques ratés, comme ses réticences à fermer les frontières, le gouvernement Trudeau peut se targuer d’avoir bien géré la pandémie, estime Frédéric Boily, professeur de science politique à l’Université de l’Alberta. 

« On peut critiquer l’ampleur [des mesures d’urgence], mais de manière générale je pense que la population canadienne s’attendait à ce que le gouvernement fédéral fournisse une aide économique et agisse dans ses sphères de compétences », souligne-t-il. 

Un avis partagé par le directeur de l’Institut d’études canadiennes de McGill. 

« Le NPD peut dire que ce n’est pas assez, mais c’est déjà beaucoup, tandis que les conservateurs peuvent difficilement dire qu’ils vont couper », illustre Daniel Béland. 

Quant au Bloc québécois, M. Boily note que les relations entre Québec et Ottawa sont plutôt bonnes ces jours-ci, entre autres grâce à la récente entente qui prévoit 6 milliards $ sur cinq ans pour le financement des garderies. 

« Ça leur laisse une marge de manœuvre qui n’est pas très grande », observe-t-il. 

Nouvelle image

Les autres aspects de la gestion de crise ont peu de chances de devenir des enjeux électoraux. 

« Ce sera difficile pour les oppositions de rappeler qu’il y a eu des retards sur les vaccins il y a six mois. Maintenant, les gens s’en foutent un peu, ils sont vaccinés », lance M. Béland. 

La COVID-19 a aussi permis à Justin Trudeau de projeter l’image d’un leader plus sérieux, loin du glamour de la star internationale qu’il était en 2015. 

« Ça a eu des effets sur la manière dont on le perçoit », analyse Mireille Lalancette, professeure de l’Université du Québec à Trois-Rivières, spécialisée en communication politique. 

Hors Québec, sa gestion de la crise se compare favorablement aux leaders provinciaux, note-t-elle.

Une ombre se dessine tout de même au tableau : depuis janvier, le taux d’approbation du premier ministre canadien est à la baisse, selon Angus Reid, passant de 50 % en janvier à 38 % en août. 

Relance économique

Avec ce bilan pandémique plutôt favorable, les regards seront donc tournés vers la relance économique durant la campagne électorale, estiment les experts consultés. 

M. Béland estime que les électeurs seront confrontés à un débat important pour l’avenir du pays. 

« Les libéraux veulent utiliser la crise comme tremplin pour adopter des mesures permanentes qui vont augmenter le rôle de l’État fédéral, et sa taille, pour les années et les décennies à venir », dit-il, en évoquant notamment le programme national de garderies. 

« Donc, le débat sera là : est-ce qu’on veut avoir un pays où on va payer plus d’impôts pour avoir plus de services publics ou une approche avec moins d’État et plus de place au marché, ce qui est l’approche conservatrice », estime-t-il.

D’autres enjeux, comme la place des Autochtones au sein de la fédération pourraient aussi devenir une épine au pied du premier ministre sortant. Son gouvernement a posé plusieurs gestes pour la réconciliation, mais M. Boily note que la Loi sur les Indiens n’a toujours pas été abrogée, malgré une promesse de M. Trudeau.