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L’obsession identitaire tue le vivre-ensemble

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Question quiz du jour, sinon de l’année ou de la décennie : depuis quand la couleur de peau d’une personne définit l’entièreté de cette personne ?

C’est quoi, cette crispation, cette obsession de vouloir réduire la complexité d’un être humain à la pigmentation de sa peau ?

UN RÉFLEXE SIMPLISTE

Comme a déjà dit Romain Gary (cité par Rachel Kahn dans son extraordinaire pamphlet Racée) : « On est tous des additionnés ».

Une femme n’est pas qu’une femme. Un Noir n’est pas qu’un Noir. Un gai n’est pas qu’un gai.

Ces temps-ci, on fait comme si l’identité d’une personne se résumait à une seule et unique chose.

Sa race. Son orientation sexuelle. Ou son genre.

Cette obsession identitaire, qui consiste à enfermer une personne dans une seule et unique case, est simpliste. Réductrice. Et infantile. 

Il y a mille et une choses qui font que je suis ce que je suis.

Ma race, mon orientation sexuelle, ma classe sociale, mon histoire, mon passé, mes expériences, ma famille, mon bagage génétique, ma biologie, mon éducation, mes affinités, mes capacités physiques et intellectuelles, mes échecs, mes réussites, la façon dont mes parents m’ont élevé, etc.

Un individu est composé de milliers de facettes. 

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Dire qu’une de ces facettes est plus importante que toutes les autres est un mensonge. 

On ne compte plus le nombre d’associations et d’organismes à saveur identitaire. 

L’Association des gens d’affaires roumains. L’Association des ingénieurs canadiens d’origine haïtienne. L’Association des infirmiers philippins du Québec. L’Association des juristes helléniques du Québec. 

C’est quoi, ça ?

Pourquoi pas l’Association des automobilistes bègues ? L’Association des marathoniens albinos ? Ou l’Association des chroniqueurs nés à Verdun ?

LES ÉLECTIONS À LA CARTE

On n’a jamais autant parlé de vivre-ensemble, mais on n’a jamais autant vécu séparés, chacun dans son coin. 

Regardez la façon dont les partis politiques choisissent leurs candidats quand il y a des élections. 

Un candidat italien pour La Petite Italie.

Un candidat grec pour le quartier grec.

Un candidat noir pour Montréal-Nord. 

Un candidat gai pour le Village gai.

Etc., etc.

Comme si les Noirs votaient pour un Noir, les Latinos pour un Latino, les gais pour un gai, indépendamment des idées du candidat ou du parti qu’il représente.

À la limite, c’est condescendant. 

On n’a pas le droit de dire que tous les Noirs se ressemblent, c’est considéré – avec raison – comme raciste, mais on peut dire que tous les Noirs pensent pareil.

Cherchez l’erreur !

Désolé, mais aux États-Unis, il y a des Noirs républicains et des Noirs démocrates.

Je suis convaincu qu’un Noir démocrate a plus d’affinités avec un Blanc démocrate qu’avec un Noir républicain. 

La couleur de la peau d’une personne, ou son orientation sexuelle, ou sa religion, ne dit rien sur cette personne. 

L’OBSESSION DE LA RACE

C’est ce qui me rend fou avec le mouvement woke.

Ses militants disent qu’il faut lutter contre le racisme, le sexisme, l’homophobie... mais ils sont les premiers à dire que ta race, ton sexe ou ton orientation sexuelle te définit !

Ne voient-ils pas que c’est contradictoire ?

L’antiracisme, c’est dire que la race ne compte pas.

Pas qu’elle prédomine sur tout !

C’est exactement ce que disent les racistes, voyons !