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«Rester unis», le message de mon père avant son décès

Théâtre Rideau Vert
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin Le comédien Luc Guérin au Théâtre Rideau Vert, en 2018.

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Luc Guérin a joué dans plusieurs téléséries et films, dont Les Boys, en plus d’apparaître dans plusieurs pièces de théâtre d’humour. Diplômé de l’École nationale de théâtre du Canada, cela lui a permis d’interpréter des personnages dans des pièces de Shakespeare et de Molière. Il se considère chanceux, car c’est le métier qui est venu le chercher.


Tu as vécu ta jeunesse à Vimont.

Je suis né à Sainte-Thérèse dans les Basses-Laurentides, avant que mes parents, René Guérin et Rita Campeau, déménagent avec leurs cinq enfants, Francine, Pierre, Michel, Claude et moi, dans le quartier Vimont, à Laval.


L’Expo 67 t’a ouvert les portes sur le monde.

Mon frère Claude et moi avions des passeports pour visiter l’Expo 67, grâce à la générosité de nos parents. Presque tous les jours, nous partions le matin en autobus et en métro à la découverte de la culture de ce merveilleux nouveau monde que nous découvrions.


Rusty Staub, Coco Laboy, Mack Jones, Claude Raymond.

À cette époque, le transport en commun était notre moyen pour nous déplacer pour aller voir un match des Expos. Mon frère Claude et moi assistions au match bien assis dans les estrades du champ gauche « Jonesville ». Je dois vous avouer qu’à l’occasion on se faufilait dans d’autres sections près du marbre lorsqu’on apercevait des sièges vides. 


Tu jouais au théâtre à la maison ?

C’est-à-dire que vers l’âge de 12 ans, je me regardais dans le miroir en train d’interpréter des personnages connus ou imaginaires.


Caddie au golf et servant de messe.

Pendant de nombreuses années, je travaillais comme Caddie au Golf Saint-François et à celui de Lorraine. Mon frère Claude et moi étions des servants aux messes, tôt le matin, pour les baptêmes et les funérailles.


Préposé aux tables au bingo.

Pour amasser de l’argent, je passais des soirées comme préposé aux tables de bingo. J’aurais tellement aimé une fois pouvoir crier les numéros au micro, mais ce n’est pas arrivé. 


Le bingo a inspiré tes personnages.

Mes soirées au bingo m’ont permis de découvrir des personnages. Entre autres la femme superstitieuse qui avait ses nombreux éléphants chanceux devant elle, ou la madame qui voulait avoir des cartes de bingo identifiées avec seulement des chiffres impairs.


Je portais mes patins de la maison à la patinoire.

Ma mère a tenté souvent, avant de finalement lâcher prise, de me faire enlever mes patins pour manger, le midi à la maison. Patins aux pieds avec des protège-lames, je me dirigeais à la patinoire. L’été, c’était au terrain de baseball que je passais de nombreuses heures avec mes amis. 


Un jeune producteur de films à la maison.

Le père de mon ami, Pierre Ayotte, avait une caméra Super 8. Nous inventions des scénarios que nous produisons par la suite à la maison.


As-tu joué dans des pièces à l’école ?

De mon école primaire jusqu’au secondaire, chaque année, je jouais dans la pièce annuelle de l’école. J’ai même fait une tournée de spectacles inspirée du groupe Les Classels.


Tu as fait une tournée du groupe Les Classels dans les écoles.

Mes frères Michel, Claude et moi faisons du « lipsing » de leurs chansons sur une bande sonore préenregistrée (paroles et musique). Les guitares de mes frères et la batterie que je jouais étaient toutes fabriquées en bois. Croyez-le ou non, nous étions populaires dans les écoles. 


Les émissions pour jeunes t’ont influencé ?

Sans aucun doute, quand je pense à Sol et Gobelet. Il ne faut pas oublier les émissions américaines comme The Honeymooners avec Jackie Glaeason, que je regardais avec mes parents. 


Tu as vécu une enfance de millionnaire.

Les millions de dollars n’étaient pas à la banque. L’amour, le bonheur, la simplicité et le respect des autres que nos parents nous ont enseignés ont permis aux enfants de vivre une enfance de millionnaire.


Ta première voiture était une BMW ?

Tu connais mon sens de l’humour ma BMW était en réalité : « Bus-Metro-Walk ».


Tu aimes bricoler et cuisiner.

J’ai participé à la construction de ma maison, et en tant que cuisinier, je me débrouille assez bien.


Un « ménage à trois ».

Je suis choyé de pouvoir travailler avec les formidables comédiens Martin Drainville et Benoit Brière. Nous formons un redoutable « ménage à trois ».


Tu considères Jean Duceppe comme un grand Québécois. 

Monsieur Duceppe est parmi les grands comédiens de l’Amérique du Nord. Sa générosité envers moi me touche encore aujourd’hui.


Tu as aimé taquiner monsieur Duceppe.

Je l’ai taquiné avec un immense respect. Je l’accompagnais après la pièce afin qu’il puisse saluer la foule qui lui accordait à chaque fois une ovation. Une fois, j’ai pris mon courage à deux mains pour lui dire : « Monsieur Duceppe, je suis certain qu’une partie des applaudissements sont aussi pour vous et non pas tous pour moi ». Après ma blague, je vous garantis que je n’oublierai jamais son regard, son rire et son sourire.  


Rester unis, le message de ton père.

Avant son décès, mon père a transmis un message émouvant aux membres de la famille « Rester unis ». Son message a été compris, car pendant la pandémie, la famille se réunissait tous les vendredis soir via un Zoom. 


Parle-moi de ta conjointe, la comédienne Catherine Sénart. 

C’est une femme incroyable qui est toujours à mes côtés pour m’appuyer autant dans les moments difficiles que dans les moments heureux. C’est ma confidente de tous les jours.


L’amour pour tes filles.

Le thème de ma vie c’est : « Love is the answer » et cet amour c’est mes deux filles, Catou et Fannie.