/opinion/columnists
Navigation

Aux urnes le 20 septembre, une décision risquée

Coup d'oeil sur cet article

Que nous soyons d’accord ou non avec le bien-fondé d’une élection fédérale à l’aube d’une 4e vague, nous irons aux urnes le 20 septembre. Sans surprise, pour ne pas avoir l’air arrogant et trop ambitieux, Justin Trudeau a tout fait pour éviter de prononcer le mot majoritaire. Mais a-t-il réussi à convaincre les électeurs de l’urgence de consulter les Canadiens maintenant ? Pas certaine.

Malgré cela, les cinq chefs ont somme toute bien fait lors de leur discours de lancement de campagne et aucun n’a commis une bourde qui pourrait le suivre pendant 36 jours. Chaque chef a ses domaines de prédilection et a bien campé sa position, mais la pandémie va certainement prendre beaucoup de place. D’ailleurs, c’est le souhait du premier ministre sortant, qui s’est clairement positionné en faveur de la vaccination obligatoire, une décision populaire dans l’opinion publique.

Le chef conservateur, Erin O’Toole, le sait très bien. Malgré les nombreuses questions directes, il a refusé de dire qu’il était contre la vaccination obligatoire chez les fonctionnaires fédéraux. Il plaide pour éduquer plutôt que forcer et pour le respect des mesures sanitaires. Tout indique que ses propres candidats ne sont pas tous vaccinés.

  • Écoutez la rencontre Lisée-Mulcair avec Richard Martineau sur QUB radio :

Tout à gagner... et à perdre

Erin O’Toole, qui manque de notoriété, est celui qui a le plus à gagner dans cette campagne. Il est aussi la seule solution de rechange comme premier ministre. Il semblait d’ailleurs le plus nerveux des cinq chefs lors des discours.

Son positionnement sur la saine gestion des finances publiques et des solutions à la pénurie de main-d’œuvre va certainement trouver écho chez plusieurs commerçants du Québec qui estiment que les programmes très généreux du gouvernement contribuent au manque criant de travailleurs.

Quant à Yves-François Blanchet, à Jagmeet Singh et à Annamie Paul, ils sont tous d’excellents communicateurs, mais la pression n’est pas la même. Aucun d’entre eux ne peut espérer gouverner. Ils peuvent toutefois contribuer à faire la différence entre un gouvernement majoritaire et un autre minoritaire.

En fait, celui qui a le plus à perdre, c’est Justin Trudeau, qui a décidé de plonger le Canada en élections. Il gouvernait déjà et réussissait à faire passer tout ce qu’il voulait même s’il était minoritaire. Si la campagne électorale contribue à amplifier la 4e vague, il sera le seul à en porter l’odieux.

Beaucoup à gérer

Au-delà de la pandémie, il y a aussi l’Afghanistan. Justin Trudeau dit être dévasté et extrêmement préoccupé par la situation là-bas, au point de fermer temporairement les portes de l’ambassade du Canada, de rapatrier tous les Canadiens et d’accueillir 20 000 réfugiés afghans et leurs familles. Je veux bien croire que nos institutions démocratiques sont solides, mais ça commence à en faire beaucoup à gérer tout en étant en campagne électorale.

Je persiste et signe : étant donné que le mandat n’était pas terminé et qu’il était au courant de ces deux crises avant même le déclenchement, il aurait été plus sage et plus responsable d’attendre. Trente-six jours, c’est une campagne courte, mais dans le contexte, ça peut être très long. Il y a toujours des surprises et tout peut arriver.

Cela dit, je souhaite une très belle campagne à tous les candidats et candidates, une campagne axée sur les idées en évitant les attaques personnelles.