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Changement d’image pour le chef du Parti conservateur

O’Toole tente d’éviter les erreurs de Scheer avec la présentation de son plan

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Photo la presse canadienne Une musique rock jouait lorsque le chef conservateur Erin O’Toole a fait son entrée en scène, une façon « de renverser la situation comme si c’était maintenant lui la rockstar, et non M. Trudeau », croit Mireille Lalancette, professeure en communication politique à l’UQTR.

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Dans un plan de relance dont la page couverture rappelle celles des magazines masculins, le chef conservateur Erin O’Toole promet d’augmenter les transferts en santé et de rétablir un million d’emplois, tout en s’attaquant à la dette. 

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Depuis son studio virtuel aménagé dans un hôtel du centre-ville d’Ottawa, le leader du Parti conservateur du Canada (PCC) a procédé lundi au dévoilement de sa plateforme électorale.

Sur la page frontispice du document de 87 pages, intitulé Plan de rétablissement du Canada, apparaît un Erin O’Toole musclé, vêtu d’un chandail serré, qui pose les bras croisés, et les grands thèmes de sa campagne. 

  • Écoutez l'entrevue de Philippe-Vincent Foisy avec Erin O'Toole sur QUB radio:  

« On le présente comme étant l’homme de la situation », a analysé Mireille Lalancette, professeure en communication politique à l’UQTR, en observant le « côté très masculinisant » de cette mise en scène conservatrice à la sauce américaine.

D’entrée de jeu, M. O’Toole a affirmé sa volonté « d’unir les Canadiens », peu importe la couleur, le sexe, les croyances et l’orientation sexuelle.

« Ça marque clairement un changement de discours sur la conception du Canada comme envisagée par les conservateurs habituellement. Ils ont appris des erreurs qu’ils ont faites avec Andrew Scheer », a constaté Mme Lalancette.

Un million d’emplois

Pour « remettre le pays sur les rails », M. O’Toole s’engage à rétablir plus d’un million d’emplois perdus pendant la pandémie, en offrant de rembourser aux entreprises jusqu’à 50 % des salaires de leurs nouveaux employés, pendant six mois.

Son plan n’est pas chiffré pour l’instant, mais on promet une mise à jour de sa plateforme dès que le directeur parlementaire du budget aura évalué le coût des promesses.

Hausser les transferts

Dans l’attente, le plan O’Toole propose d’injecter en santé une somme de 60 milliards $ sur 10 ans, notamment en ramenant le taux de croissance annuel du Transfert canadien en matière de santé à au moins 6 %, soit au même niveau qu’en 2017.

Lors d’un point de presse à Chibougamau, le premier ministre François Legault a d’ailleurs une fois de plus réclamé « une augmentation importante des transferts en santé ». 

Il s’agit d’une des demandes communes des premiers ministres des provinces, soit d’augmenter le financement fédéral des dépenses en santé de 22 à 35 %.

« On veut que ça se fasse sans condition. Ça veut dire : pas venir nous dire comment gérer les CHSLD. On est capable de bien gérer la situation dans le réseau de la santé », a-t-il souligné.

Le plan conservateur prévoit aussi un retour vers l’équilibre budgétaire d’ici dix ans, sans réduire les transferts aux provinces.

« Moderniser » Radio-Canada

M. O’Toole promet par ailleurs de « moderniser » Radio-Canada en lui donnant pour seul mandat celui de promouvoir la langue et la culture francophone, en plus d’abolir les frais d’abonnements pour ses services en ligne. 

Le mandat de CBC et CBC News Network serait aussi revisité pour ne plus nuire de façon « injuste » au secteur privé. 

- Avec Raphaël Pirro, Agence QMI, et Charles Lecavalier