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Le major-général Fortin formellement accusé d'agression sexuelle

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Formellement accusé d’agression sexuelle, le major-général Dany Fortin a clamé son innocence mercredi, déplorant qu’après avoir combattu le terrorisme en Afghanistan et en Irak, il doit maintenant se battre contre un ennemi invisible.

Le militaire s’est présenté vers 9 h au poste du Service de police de la Ville de Gatineau du boulevard des Carrières dans le secteur Hull, en compagnie de son épouse, Madeleine Collin, de l’un de ses avocats, Me Philippe Morneau, et d’un attaché de presse, Norbert Cyr.

Il devait se rendre à la police pour y être arrêté officiellement et prendre connaissance de l’accusation déposée contre lui en lien avec un événement non précisé qui serait survenu entre le 1er janvier et le 30 avril 1988.

Photo Agence QMI, Marc Desrosiers

L’ex-responsable de la distribution des vaccins contre la COVID-19 au Canada est ressorti des locaux de la police une vingtaine de minutes plus tard. Il a alors pris la parole devant une mer de médias présents pour l’occasion.

«Au cours des trois derniers mois, ma famille et moi avons vécu ce cauchemar de n’avoir aucune information au sujet de l’allégation, de l’enquête ou de possibles accusations, malgré les demandes répétées de mes avocats», a dit l’homme d’un ton monocorde, visiblement ébranlé.

Calcul politique?

Le major-général Fortin a laissé entendre que le chef d’état-major intérimaire, Wayne Eyre, lui avait mentionné que la décision de le retirer le 14 mai dernier de son poste au sein de l’Agence de la santé publique du Canada était le résultat d’un calcul politique.

«Ses dires sont confirmés par ses notes personnelles. J’ai été retiré de mon poste à la suite d’instructions données par la ministre de la Santé [Patty Hajdu]. C’est même une journaliste qui m’a informé de la nature générale de l’allégation dans la foulée de mon renvoi», a-t-il invoqué lors de son allocution tenue devant le poste de police.

Photo Agence QMI, Marc Desrosiers

Pour le militaire qui a servi en tant qu’officier dans les Forces armées canadiennes (FAC) durant la guerre d’Afghanistan et lors de l’insurrection de l’État islamique en Irak, cette accusation se veut une «surprise totale».

«Aujourd’hui, je me bats contre un ennemi invisible. C’est l’épreuve la plus difficile de ma carrière», a prétendu celui qui compte 36 ans de services dans les FAC.

Recours juridiques

L’homme dans la cinquantaine se dit maintenant obligé de poursuivre, à contrecœur et à ses frais, deux formes de recours juridiques. Outre se défendre de l’accusation portée contre lui mercredi, il entend aussi demander à la Cour fédérale de considérer l’absence de procédure régulière tout au long de cette enquête.

Photo Agence QMI, Marc Desrosiers

Réactions

Appelé à commenter ce dernier développement dans le dossier du major-général Fortin, le premier ministre Justin Trudeau a refusé de se prononcer étant donné que celui-ci se trouve devant la cour.

Il a cependant souligné que son gouvernement avait au sérieux les cas d’inconduites sexuelles dans l’armée «depuis le début».

«Chaque femme et homme qui choisit de servir dans l’armée mérite d’avoir toutes les ressources et l’appui nécessaires s’ils vivent des choses inacceptables», a déclaré M. Trudeau, de passage en Colombie-Britannique.

Le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, qui accompagnait le premier ministre, a lui aussi évité de commenter le sujet directement.

Tout en soulignant que beaucoup de travail restait à faire pour rétablir un climat de confiance au sein de l’armée, M. Sajjan a prôné un «changement de culture» au sein de l’organisation.

Le major-général Dany Fortin doit comparaître en cour le 20 septembre prochain au palais de justice de Gatineau pour la suite des procédures.

– Avec la collaboration de Raphaël Pirro