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Tirs groupés envers la main tendue de O’Toole aux Québécois

Tirs groupés envers la main tendue de O’Toole aux Québécois
Photo Agence QMI, Guy Martel

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Libéraux, bloquistes et néo-démocrates n’ont pas tardé à torpiller la main tendue par Erin O’Toole aux Québécois, notamment en ce qui concerne l’accès à l’avortement.

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Lors de son passage à Québec, mercredi, le chef du Parti conservateur du Canada a offert un « contrat » de 100 jours, qui comprend une dizaine d’engagements phares, entre autres en matière d’immigration, de culture et de langue. 

M. O’Toole a insisté, par la même occasion, sur le fait qu’il a «toujours été pro-choix», qu’il croit aux changements climatiques et qu’il veut défendre les droits de la communauté LGBTQ. 

Le néo-démocrate Alexandre Boulerice s’est empressé de réagir, en demandant «où était ce contrat avec les Québécois» lorsque M. O’Toole était ministre du gouvernement Harper. 

En entrevue avec Le Journal, le seul élu québécois sortant du NPD a comparé le contrat offert par M. O’Toole à une tentative «désespérée de la part des conservateurs pour reconnecter avec le Québec». 

Malgré la profession de foi pro-choix effectuée par M. O’Toole, on retrouve au sein de son caucus plusieurs candidats qui ont souvent tenté, par des projets de loi, de restreindre le droit à l’avortement, a rappelé M. Boulerice. 

«C'est toujours le vieux parti conservateur de Stephen Harper avec un nouveau visage», a-t-il résumé. 

Contradiction

Dans un communiqué diffusé tôt jeudi matin, les candidates libérales Carolyn Bennett et Mélanie Joly ont relevé que dans la plateforme conservatrice, Erin O’Toole promet de «protéger le droit de conscience des professionnels de la santé», ce qui pourrait avoir pour effet de limiter l’accès à l’avortement, estiment les libéraux. 

«On voit qu'encore une fois, il y a quelque chose d'assez fondamental qu'Erin O'Toole ne comprend pas: être pro-choix, ce n'est pas une question de choix pour les médecins, c'est une question de choix pour les femmes», a commenté le chef libéral et premier ministre sortant, Justin Trudeau, en Colombie-Britannique. 

À Edmonton, le chef néo-démocrate Jagmeet Singh a qualifié cet élément de la plateforme conservatrice de «danger» et de «menace» pour l’accès à l’avortement et à l’aide médicale à mourir, qui fait déjà défaut à travers le pays.

Un «slogan» dit le Bloc

Le chef bloquiste Yves-François Blanchet, qui faisait campagne du côté de Lachute, dans les Laurentides, a aussi ajouté son grain de sel. «Il nous dit: "en matière d'avortement, j'agis selon ma conscience, je suis pro-choix", même si la majorité de mon caucus n'est pas pro-choix», a relaté M. Blanchet. 

Le leader du Bloc québécois s’est aussi moqué du «contrat» offert par M. O’Toole. 

«Le mignon slogan n'est rien d'autre qu'une promesse électorale. À la différence d'un contrat, souvent, ce n'est pas respecté», a-t-il exposé. 

Selon M. Blanchet, M. O’Toole tente de «réparer l’erreur de son prédécesseur», Andrew Scheer. «Les différences entre les valeurs conservatrices avec les valeurs québécoises ne sont pas différentes ce matin», considère le chef bloquiste. 

O’Toole se défend

De retour à Ottawa, M. O’Toole a nié toute contradiction entre ses convictions et son programme électoral. 

«Je suis pro-choix, je vais toujours défendre les droits des femmes, les droits humains de tous les Canadiens, incluant les droits de la communauté LGBTQ, point final», a-t-il martelé. 

«On va s'assurer que les services d'avortement sont offerts d'un océan à l'autre», a ajouté le chef conservateur. 

En ce qui concerne plus particulièrement l’aide médicale à mourir, « on doit avoir une approche sensible et équilibrée et on va trouver l'équilibre », a dit M. O’Toole. 

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