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Will Prosper: la sanction la plus grave, vu sa conduite «scandaleuse»

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N’en déplaise à la mairesse Plante qui évoque « une erreur », les gestes reprochés à Will Prosper étaient si graves qu’on l’a forcé à démissionner de la GRC. Pourtant, d’autres policiers pincés pour une consultation injustifiée des bases de données n’écopent souvent que de quelques jours de suspension.

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Policier à la GRC au Manitoba jusqu’en 2003, Will Prosper a, à deux reprises en 1999, consulté le Centre d’information de la police canadienne.

Ce genre d’infraction valait, au moment des faits, au minimum un jour sans salaire à la GRC, peut-on lire dans la décision disciplinaire de décembre 2001, dont Le Journal a obtenu copie.

Mais on soupçonnait aussi le gendarme d’avoir coulé de l’information à des amis d’enfance, membres de gang de rue qui faisaient l’objet d’une enquête pour meurtre à Montréal.   

  • Écoutez la rencontre Dutrizac-Dumont au micro de Philippe-Vincent Foisy sur QUB:   

Sanction la plus grave

Il a ainsi eu le châtiment le plus sévère, soit le congédiement, attribué « en cas de manquement grave, même si cela semble sans précédent », peut-on aussi lire.

Dans la décision, on décrit la conduite de Prosper comme « scandaleuse » et on souligne que ses gestes « soulevaient de grands doutes quant à son honnêteté et à son intégrité ».

Il a effectué une première recherche le 16 mai 1999, soit quelques semaines après le meurtre, puis une deuxième le 11 septembre 1999.

Alertée quant au fait qu’on fouillait sur des individus dans leur mire, l’escouade des homicides de Montréal a immédiatement contacté Prosper et a demandé une enquête plus approfondie sur ses agissements.

La GRC a alors appris que le gendarme avait parlé au téléphone avec un des suspects, Steve Bernavil, dans les minutes qui ont suivi ses recherches.

  • Écoutez l’entrevue de Danielle Pilette, professeure à l’UQAM et experte en gestion municipale à QUB radio

Menace de fuite

Un policier aujourd’hui à la retraite, impliqué à l’époque dans le dossier de meurtre à Montréal, se souvient que la menace de fuite avait été prise au sérieux.

Tellement que les enquêteurs des homicides de la police de Montréal voulaient mettre le poste de police où travaillait Prosper sous écoute. L’un d’eux s’était même rendu à Winnipeg pour témoigner à son audience disciplinaire.

« On ne fait pas traverser le pays à un enquêteur en avion juste pour témoigner dans le dossier d’un policier qui a utilisé un ordinateur. C’était grave », a laissé tomber l’ex-policier qui a requis l’anonymat.  

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