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Affaire Will Prosper: une grave erreur de la mairesse Plante

Affaire Will Prosper: une grave erreur de la mairesse Plante
MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

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Trouver la bonne personne candidate en politique, ce n’est jamais évident. Même quand elle semble avoir un profil parfait, on peut avoir des surprises. Ce n’est pas pour rien que de plus en plus de partis politiques font faire des enquêtes systématiques sur l’ensemble de leurs candidats.  

Évidemment, elles ne permettent pas toujours de tout savoir. Toutefois, sur le formulaire de demande d’enquête qui doit être signé par le candidat, on demande généralement de dévoiler au parti les informations personnelles qui pourraient remettre en cause sa candidature si elles étaient rendues publiques.

Le parti peut décider de vivre avec certains éléments ou de mettre fin sur-le-champ aux démarches avec le candidat en le remerciant de son honnêteté.  

Le pire, c’est quand la personne cache l’information et qu’on la découvre en pleine campagne. Généralement, à ce moment-là, il y a un abus de confiance. C’est le début de la fin en politique. La meilleure chose que le candidat puisse faire, c’est de se retirer rapidement en faisant le moins d’éclaboussures possible.

Ce qui me surprend dans le cas de Will Prosper, candidat à la mairie de Projet Montréal dans l’arrondissement de Montréal-Nord, c’est que la mairesse a refusé sa démission malgré la gravité des gestes commis et soupçonnés. Après avoir menti pendant des années sur les raisons de son départ de la GRC, après avoir caché l’information à sa cheffe, Will Prosper admet maintenant avoir consulté une base de données de la police sans autorisation il y a 22 ans.  

Selon les informations révélées par Le Journal de Montréal, la GRC soupçonnait aussi le gendarme d’avoir divulgué de l’information à des amis d’enfance, membres de gang de rue, qui faisaient l’objet d’une enquête pour meurtre à Montréal. Les gestes reprochés étaient si graves que la GRC l’a forcé à démissionner, même s’il n’a jamais été accusé.

Malgré toutes ces informations, Valérie Plante continue de l'appuyer, alors que sa ville est aux prises avec une épidémie de conflits entre gangs de rue. Dans le contexte, sa candidature n’est pas rassurante. Il a beau avoir lu un texte exprimant qu’il aurait dû être meilleur et qu’il n’a jamais donné d’informations à quiconque, les perceptions ne sont pas à son avantage.

Mais, en fin de compte, c’est Valérie Plante qui a fait un énorme pari en refusant sa démission. Le reste de la campagne nous montrera si elle a eu raison ou tort. En tout cas, elle vient de servir des munitions de campagne à Denis Coderre sur un plateau d’argent.