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Joe Biden: la lune de miel est terminée

Joe Biden: la lune de miel est terminée
AFP

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Sans offrir une performance hors de l’ordinaire, l’administration de Joe Biden a su mener ses dossiers assez rondement pendant les premiers mois. Malgré quelques nuages, dont la situation à la frontière sud, Joe Biden jouissait d’une cote de popularité à laquelle son prédécesseur n’a même jamais rêvé. 

On se doutait bien que ce qu’on qualifie habituellement de «lune de miel» allait éventuellement connaître une fin. Non seulement l’électorat et le pouvoir législatif sont-ils très polarisés, mais il est rare qu’une administration effectue un parcours sans fautes ou sans que des événements hors de son contrôle ne la précipitent dans une crise.

Depuis deux ou trois semaines, Joe Biden est rattrapé par la malchance, mais aussi par ses propres errements. Il peut se réjouir des nouvelles économiques, qui demeurent satisfaisantes, mais la hausse des cas de COVID et, surtout, la débâcle afghane lui coûtent pour l’instant le soutien de ses concitoyens.

Si Biden a déjà passé le cap des 60% d’appuis, il vient de plonger à 47%. Ce n’est pas dramatique, surtout s’il parvient à se relever assez rapidement, mais il s’agit d’un très sérieux avertissement.

Tout comme le collègue Pierre Martin le soulignait récemment, la sortie d’Afghanistan ne devrait pas constituer un boulet sur le plan politique. Après tout, les Américains souhaitaient la fin de ce conflit et les républicains seront retapés par leurs nombreuses contradictions dans ce dossier. 

Le poids de ce départ mal planifié et exécuté se fera principalement ressentir sur la scène internationale, moins sur le plan domestique. En qui a trait à la pandémie, le président est confronté, là aussi, à une situation complexe.

Biden a continuellement répété qu’il ferait bien mieux que son prédécesseur pour rétablir la situation. Après un départ sur les chapeaux de roues, la campagne de vaccination a connu un ralentissement majeur, même si les choses ont tendance à se replacer depuis deux semaines.

Autre écueil de taille pour le président, il peut déployer toute son énergie et un arsenal de mesures, ils sont trop nombreux à lui mettre des bâtons dans les roues ou à carrément tirer dans la mauvaise direction. Les hôpitaux ont dépassé leur capacité dans quelques États et plusieurs gouverneurs républicains s’opposent malgré tout aux gestes barrières et n’encouragent la vaccination que du bout des lèvres.

S’il parvient à faire voter ses ambitieux projets par le Congrès et que la situation de l’emploi se maintient, Biden peut acheter du temps et espérer revenir dans les bonnes grâces de ses concitoyens. Il a peut-être le luxe du temps d’ici à 2024, mais c’est un luxe dont ne jouissent pas les représentants et sénateurs démocrates qui solliciteront l’appui des électeurs lors des élections de mi-mandat de 2022. 

L’action ne manquera pas d’ici là et Biden connaît trop bien les exigences de la politique à Washington pour se permettre le moindre répit. 

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