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Le pasteur est en cavale

Paul Mukendi a refusé de reconnaître les faits qui lui sont reprochés et a fui pour dénoncer «l’injustice»

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Le pasteur Paul Mukendi a fui les autorités pour protester contre « l’injustice » dont il se dit victime et éviter de commencer à purger sa peine d’emprisonnement de huit ans pour agression sexuelle.

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Après avoir été porté disparu pendant plusieurs heures par sa famille, celui qui se proclame révérend a donné signe de vie vendredi après-midi, par l’entremise d’un communiqué de son organisation. Il serait vivant et en bonne santé.  

L’homme de 44 ans devait se livrer aux autorités carcérales au plus tard vendredi, à 15 h, après que les tribunaux eurent maintenu sa culpabilité à des accusations d’agression et de contacts sexuels sur une mineure, de menace de mort, de voies de fait armées et de voies de fait causant des lésions. 

PEINE MAINTENUE

Paul Mukendi a été condamné à une peine de huit ans de pénitencier en 2020.

Il a porté la cause en appel, mais la peine a été maintenue lundi dernier.

Jeudi en fin de journée, des membres de son église ont publié un court message mentionnant que « le révérend Paul Mukendi était introuvable » et qu’il avait peut-être été « kidnappé ». 

Le Service de police de la Ville de Québec a indiqué avoir effectivement été saisi d’un signalement. 

Photo Kathleen Frenette

Dans la journée de vendredi, deux véhicules patrouilles du SPVQ se sont rendus au centre évangélique de la rue Pierre-Bertrand, à Québec, où des « vérifications liées à l’enquête » ont été menées. 

Selon ce que l’organisation a publié vendredi, le pasteur aurait communiqué brièvement avec son épouse disant qu’il n’avait pas « fui la justice, mais plutôt l’injustice ».  

Des policiers du SPVQ se sont rendus hier au centre évangélique de la rue Pierre-Bertrand, à Québec, afin de procéder à des vérifications.
Photo Kathleen Frenette
Des policiers du SPVQ se sont rendus hier au centre évangélique de la rue Pierre-Bertrand, à Québec, afin de procéder à des vérifications.

« Depuis quatre ans [le pasteur] a respecté scrupuleusement toutes les conditions et collaboré à chacune des étapes croyant sincèrement que justice allait lui être rendue... sans résultat », peut-on lire dans le court message.  

« Il a passé quatre ans à se justifier pour des actes qui n’ont jamais existé. Il ne peut en aucun cas reconnaître des faits reprochés entre 2001 et 2003 alors qu’il vivait en Afrique », est-il ajouté.  

Le message se conclut en mentionnant que « dans de telles circonstances, il refuse d’être à la merci d’une justice corrompue » et qu’il « continue de clamer haut et fort son innocence ».  

MANDAT D’ARRESTATION

En fin de journée vendredi, le SPVQ a indiqué que les recherches visaient maintenant à retrouver Mukendi pour le conduire en détention. 

La porte-parole au Directeur des poursuites criminelles et pénales, Me Audrey Roy-Cloutier, a expliqué que les policiers ont en main le mandat de procéder à l’arrestation de l’homme, lorsqu’il sera retrouvé, et de l’amener aux autorités carcérales.  

Jointe par Le Journal, l’avocate de Mukendi, Me Dominique Bertrand, a préféré ne pas commenter la situation dans laquelle s’est placé son client au cours des 48 dernières heures.       

  • Écoutez la chronique judiciaire de l’ex-juge Nicole Gibeault à QUB radio:   

LE CHEMIN VERS LE PÉNITENCIER  

  • Octobre 2017 : Paul Mukendi est arrêté par le SPVQ et doit faire face à de multiples accusations à caractère sexuel.  
  • Juin 2019 : Mukendi est reconnu coupable de neuf chefs d’accusation, dont agression sexuelle, voies de fait avec lésions et menaces de mort. 
  • Février 2020 : Mukendi est condamné à une peine d’emprisonnement de huit ans.   
  • Mars 2020 : La Cour d’appel choisit de remettre en liberté le révérend Paul Mukendi d’ici à ce que l’appel soit entendu.   
  • Août 2021 : La Cour d’appel maintient la décision du juge de première instance et demande à Mukendi de se livrer aux autorités carcérales avant vendredi à 15 h.