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Les sages-femmes sont en demande plus que jamais

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Difficile d’avoir un suivi de grossesse cet été dans une maison de naissance de la grande région de Québec. Un engouement pour les services, une hausse des naissances et une pénurie de sages-femmes expliquent cette situation. 

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Rencontrée par TVA Nouvelles, vendredi, Marion Bonkouingou a refusé d’accoucher de sa petite fille à l’hôpital, il y a deux mois, elle qui habite à Québec, dans la Capitale-Nationale. Elle a plutôt fait appel à une sage-femme et a amorcé le processus avec celle-ci en octobre 2020. Elle était alors enceinte de huit semaines.

«J’ai appelé la maison de naissance [de la Capitale-Nationale] pour les informer que j’étais intéressée à être suivie ici [à son domicile]. Puis, ils m’ont dit qu’il fallait que je remplisse un formulaire, ils m’ont envoyé un document et ils m’ont mis sur une liste d’attente.»

Bien que son suivi soit maintenant terminé, la sage-femme l’a invitée à la contacter au besoin.

«Je pense que c’est ça que j’ai le plus aimé, le côté humain, le côté “c’est normal, c’est naturel”. On est devenue presque des amies», a mentionné Mme Bonkouingou.

Plus de demandes

Elle trouve tout de même dommage que d’autres femmes n’aient pas cette option entre les mains. La présidente du Regroupement Les Sages-Femmes du Québec (RSFQ), Josyane Giroux, a confirmé une augmentation dans les demandes.

«Les sages-femmes, on offre l’accouchement à domicile, en maison de naissance ou en centre hospitalier. Avec la pandémie, le souhait de sortir de l’hôpital, d’accoucher hors centre hospitalier, a augmenté», a-t-elle affirmé.

Cependant, le nombre de professionnelles n’est pas suffisant pour répondre à cette hausse. Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Chaudière-Appalaches a annoncé être complet pour l’été. La situation est similaire dans la Capitale-Nationale.

«Ici, à la maison de naissance, une des situations qui est particulière, c’est que la liste d’attente est très longue, a exposé Mme Giroux. On arrive à suivre les deux tiers des femmes qui font la demande d’un suivi sage-femme.»

Pauline Biette déplore le manque d’option pour les femmes. Elle a bénéficié des services de sages-femmes en 2016. Il était alors hors de question pour elle d’accoucher en centre hospitalier.

«J'ai été voir une de mes amies à l'hôpital qui venait d'accoucher, donc en pleine canicule, et j’ai vu dans quelle ambiance elle avait accouché», a-t-elle raconté.

Sa conjointe a ensuite aussi été suivie à son tour par une sage-femme. Mme Biette n’a que de bons mots pour leurs services. «C’était mes décisions, mes choix, ils étaient vraiment respectés. Je veux accoucher dans le calme, dans la musique, dans l’eau ou pas dans l’eau.»

Peu de cours

Dans la province, sur les 210 postes de sages-femmes disponibles, 40 sont encore à combler. Josyane Giroux parle d’une pénurie qui dure depuis plus d’un an maintenant.

Une seule université dans la province offre une formation francophone. L'Université du Québec à Trois-Rivières peut faire graduer 24 nouvelles sages-femmes par année.

«C’est un problème qui est adressé par l’UQTR, alors ils réfléchissent à des solutions pour augmenter le contingentement. Mais bien évidemment, l’autre élément sur lequel on travaille, au RSFQ, c’est la rétention et l’attraction et ça, ça passe par des conditions de travail qui doivent être améliorées», estime Mme Giroux.

Comme l'entente avec Québec est échue depuis mars 2020, des négociations doivent débuter cet automne. En parallèle, le ministère de la Santé et des Services sociaux s'est engagé à une première rencontre avec des experts sur la planification de la main-d’œuvre.