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Les femmes ne sont pas des enfants

Periode des questions
Photo d'archives Le ministre de la Justice Simon Jolin-­Barrette veut mettre à l’essai des tribunaux spécialisés en matière de violences sexuelles et conjugales.

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« Le mieux est l’ennemi du bien », écrivait Voltaire au XVIIIe siècle. En créant, à la demande de groupes de défense des femmes en particulier, un tribunal spécialisé en matière de violences sexuelles et conjugales, le gouvernement Legault devrait tenir compte de cet aphorisme, car il est rempli de sagesse. 

Hélas, la naïveté de ceux qui veulent faire le bien est souvent une mauvaise conseillère. Le ministre Simon Jolin-Barrette, qui déposera le projet de loi en septembre en mettant en place des projets pilotes menant à ce tribunal spécialisé, souhaite ainsi que les victimes de telles violences aient confiance dans le système de justice. Tout cela est honorable. 

Mais ce système a été particulièrement secoué ces dernières années sous la pression du mouvement #MoiAussi qui a amené les femmes à dénoncer des agresseurs sexuels dont elles auraient été victimes. 

Or notre système demeure un des plus efficaces au monde. Mais la création d’un tribunal spécialisé, est-ce bien la meilleure façon pour que justice soit rendue ? 

Ne faudrait-il pas remettre en question les réformes passées du Code criminel qui ont tenté de définir au plus près les expressions de la sexualité sous toutes ses formes ? 

Précautions

Ne faudrait-il pas aussi former davantage les juges en matière de crimes sexuels ? S’assurer que ces derniers, hommes et femmes d’ailleurs, sont à l’abri de leurs propres préjugés à l’endroit des hommes et des femmes ? Et tenir compte du fait que leur sexualité personnelle pourrait influencer les jugements qu’ils doivent rendre ? 

Il faut s’étonner que les mouvements féministes applaudissent à l’instauration de tribunaux réservés aux femmes (et à de rares hommes, précisons-le). 

À ce jour, il existe le tribunal réservé aux enfants, mais pourquoi les femmes auraient-elles besoin d’un tribunal spécial qui confirmerait qu’elles ne sont pas les égales des hommes ? 

Pourquoi ont-elles besoin d’être davantage protégées, contre les hommes avant tout ? À la limite, ne faudrait-il pas réserver à des femmes juges la responsabilité de juger les agresseurs de femmes ? 

N’y a-t-il pas là un constat d’échec du principe même de l’égalité des sexes ? Par ailleurs, le futur tribunal ouvrira la porte toute grande à d’autres tribunaux.

Danger

Nous sommes ainsi sur la pente inexorable menant à la création de tribunaux réservés aux Autochtones, voire aux personne racisées ou LGBTQ. 

C’est ainsi que l’idéologie s’insère dans l’une des institutions fondamentales de notre démocratie, à savoir le système judiciaire. 

Une autre conséquence du désir de créer le tribunal qui protégera les femmes, que cela fâche ou réjouisse, sera de rendre nombre d’hommes plus méfiants face à l’exercice de la justice s’ils sont impliqués.

On n’a pas besoin de la sagesse de Voltaire ni des siècles passés pour savoir que l’on ne peut parvenir au bien sans risque. C’est ce que je tente de démontrer dans cette chronique, tout en sachant que l’erreur est humaine. 

Pourquoi la perpétuer en ouvrant les avenues inspirées du wokisme ?