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À la tête de sa compagnie maraîchère à seulement 16 ans

L’ado sème, récolte, cueille, cuisine et vend ses produits au marché local d’Amos

William Pack
Photo courtoisie William Pack au milieu de la serre dans laquelle il fait pousser les courgettes de son entreprise agricole, le Pack des Saveurs.

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La relève agricole se porte très bien au Québec comme en témoigne un jeune entrepreneur d’Amos à la tête de son entreprise maraîchère à l’âge étonnant de... 16 ans.

« Je ne compte pas mes heures », plaisante William Pack, maraîcher, cueilleur de produits forestiers, employé du Marché public d’Amos, en Abitibi-Témiscamingue, et propriétaire du Pack des Saveurs. 

William Pack
Photo courtoisie

À 12 ans déjà, en vue de financer ses courses de vélo « qui coûtaient cher », dit-il, l’adolescent a acheté 400 poussins à Mirabel, dans les Laurentides, afin de les revendre aux éleveurs de poules d’Amos.

Aucun fournisseur de poussins n’était implanté dans la ville. Il y a vu alors une occasion d’affaires qui « a très bien fonctionné », souligne William Pack. 

Dès l’année suivante, le Pack des Saveurs est fondé.

Avec l’aide de sa mère, Annie DesRochers, il s’occupe de tout au sein de la compagnie. Il cuisine de la gelée de pommettes et de poivrons rouges, des bagels aux graines de sésame, des légumes marinés. Il cueille des champignons sauvages et autres produits forestiers. Et depuis cette année, l’ado s’est lancé dans l’agriculture maraîchère.

William Pack
Photo courtoisie

« J’ai emprunté une planche [cinq rangs de 100 mètres] sur la terre du monsieur pour qui je travaille, chez NOC agroforesterie. J’ai commencé à faire pousser mes légumes. J’ai des citrouilles, des concombres, des zucchinis, des tomates », détaille le jeune entrepreneur.

Et les affaires se portent bien, assure-t-il. 

« L’an passé, on a fait environ 7000 $ et cette année on a déjà doublé [le montant] et la saison des marchés n’est pas finie », fait valoir William Pack. 

L’engouement de la relève 

Quelque 1163 nouvelles entreprises agricoles ont été enregistrées l’an dernier, selon les données du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), soit 87 de plus que les 1076 qui ont fermé leurs portes.

Pour l’agricultrice et la présidente de la Fédération de la relève agricole du Québec, Julie Bissonnette, ces chiffres encourageants s’expliquent en partie par l’engouement des jeunes pour le travail de la terre.

« De la relève, il y en a, ce qui est une bonne nouvelle pour le domaine agricole au Québec, affirme-t-elle. Les écoles d’agriculture sont pleines depuis quelques années. On voit aussi que beaucoup de nouvelles entreprises voient le jour. »

Éleveur d’agneaux à 17 ans

Louis Beaulieu, 17 ans, fait aussi partie de cette nouvelle génération d’agriculteurs.

À 12 ans, l’adolescent démarrait son exploitation ovine (moutons), La Bergelouis, sur le terrain de la ferme familiale à Saint-Michel-de-Bellechasse, dans Chaudière-Appalaches.

« Mon père fait pousser du maïs. Depuis que j’ai 5 ans, je le vendais sur le bord du chemin. J’avais amassé assez d’argent – environ 7000 $ – pour acheter un troupeau de brebis que j’ai trouvé sur Kijiji », raconte le jeune Beaulieu.

Depuis, il élève 180 agneaux par année qu’il vend presque entièrement au restaurant réputé Joe Beef, à Montréal.

« Je fais mon train matin et soir, même pendant l’école, lance-t-il. C’est un passe-temps. Je suis fier d’avoir accompli quelque chose. C’est rare à mon âge le monde qui a des fermes. »