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Évacuation d'Afghanistan: une stratégie d’évacuation qui fait douter des experts

Le gouvernement libéral a tenu à défendre sa gestion à Kaboul

Évacuation d'Afghanistan: une stratégie d’évacuation qui fait douter des experts
AFP

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La stratégie d’évacuation de l’Afghanistan du gouvernement Trudeau est loin d’être convaincante dans le chaos qui règne à Kaboul, constatent des observateurs.  

« Il y a une campagne de représailles et une chasse à l’homme de la part des talibans visant tous ceux qui étaient haut placés dans le gouvernement [afghan] », a affirmé l’ancien directeur des programmes parlementaires en Afghanistan David Payne, en entrevue dimanche à LCN.

Et « le Canada n’est pas un pays qui est capable de mettre en branle un système d’évacuation de ses ressortissants [et alliés] extrêmement efficace », a précisé le politologue et chroniqueur au Journal Loïc Tassé.

En point de presse dimanche, quatre ministres fédéraux ont défendu la gestion de l’évacuation des familles canadiennes et afghanes.

Depuis le 12 août, l’armée canadienne a rapatrié « plus de 1000 ressortissants afghans considérés comme à risque pour le travail qu’ils ont accompli pour le Canada et nos alliés », a confirmé le ministre canadien de la Défense nationale, Harjit Sajjan.

Le ministre de l’Immigration Marco Mendicino a quant à lui assuré que le Canada était « en communication constante » avec les demandeurs admissibles au programme spécial d’immigration.

Communications difficiles 

M. Payne s’est toutefois montré sceptique devant cette affirmation.

Celui qui a passé trois ans en mission clame que d’anciens membres du Parlement déchu se sont réfugiés dans quatre maisons et que « plusieurs ont vu leurs cellulaires confisqués par les talibans ».

Cette situation rend donc la communication très difficile entre le Canada et ces alliés coincés en Afghanistan. 

« Le problème, c’est que le gouvernement du Canada parle beaucoup, mais il n’y a pas de contact qui est fait [avec eux] », dénonce M. Payne.

Il affirme détenir la liste de toutes ces personnes contraintes de se cacher, mais serait incapable de la transmettre aux autorités canadiennes, se butant à des boîtes vocales à Ottawa comme à Québec.

En contrepartie, les talibans, qui ont repris le pouvoir il y a une semaine, sont très bien informés et organisés, selon M. Payne. 

« C’est une chasse à l’homme sans cesse », a-t-il fait valoir.

Évacuation ralentie 

Le fédéral risque également d’être ralenti dans ses efforts d’évacuation avec la campagne électorale qui bat son plein. 

Justin Trudeau « s’est compliqué considérablement la tâche en déclenchant des élections à l’automne, a avancé M. Tassé. Les fonctionnaires ne répondent plus aux commandes des politiciens sauf dans des cas très particuliers ».

  • Écoutez le chroniqueur de politique internationale Loïc Tassé avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

À cet effet, la formation libérale se doit d’éviter les « pièges bureaucratiques », estime Sami Aoun, professeur à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke.

« Il y a des réfugiés qui demandaient à venir au Canada qui n’ont pas obtenu leur visa », illustre-t-il.

Sept personnes sont mortes dimanche dans le chaos à l’aéroport de Kaboul.

– Avec Laurent Lavoie et l’Agence QMI