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Le cimetière des femmes

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La victoire éclair des talibans en reprenant le pouvoir en Afghanistan s’inscrira dans l’histoire comme une des pires périodes de l’humanité. Sa caractéristique cependant repose sur la perception qu’ont ces islamistes des femmes considérées par eux comme des esclaves sexuelles, des êtres inférieurs, des objets de péché et des ennemis.

Regardons les photos qui nous parviennent de Kaboul. On y voit des Afghans pris de panique qui tentent de fuir leur pays maudit. Les hommes constituent la grande majorité de ces rassemblements. À l’aéroport, peu de femmes et d’enfants ont réussi à pénétrer les lieux. 

Des femmes au courage renversant se sont même exposées pour dénoncer les nouveaux maîtres du pays. Au risque de leur vie. Certaines d’entre elles envahies par le désespoir ont même déclaré qu’elles allaient se suicider. 

Horreur

Car elles savent ce qui les attend. Tous les droits acquis durant les vingt dernières années sont abolis. Fini l’éducation des filles. C’est le retour de la lapidation, des viols et du mariage d’enfants. Voici l’horreur au quotidien, la violence sans limites et la chasse aux femmes en public. 

Un fait divers nous renseignera. Lundi dernier, le prix de la burqa avait augmenté dans les marchés. Signe que l’enfermement vestimentaire s’imposera désormais à celles dont le statut social, version taliban, est limité à mettre au monde des enfants. 

Nous sommes impuissants devant ce cataclysme. Mais faut-il pour autant rester muets ? 

Où sont nos féministes radicales, celles-là mêmes qui font commerce de dénoncer trop souvent et sans nuance le comportement des hommes d’ici ?

Le silence de ces idéologues est troublant, mais est-il surprenant ? La solidarité féminine est-elle davantage un concept qu’une réalité ? Quand donc un rassemblement de féministes woke pour dénoncer le port obligatoire de la burqa, ce voile intégral, un treillis qui dépossède la femme de son humanité. En Afghanistan et partout où des femmes le portent. Par contrainte ou par supposé choix. 

  • Écoutez la chronique de Denise Bombardier au micro de Richard Martineau sur QUB radio: