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Les écoles recherchent près de 900 profs à quelques jours de la rentrée

La pénurie de main-d’œuvre cause des maux de tête à plusieurs endroits

primaire
Photo d'archives À l’approche de la rentrée scolaire, il manque de professeurs comme jamais tant au primaire qu’au secondaire.

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À quelques jours de la rentrée, la pénurie d’enseignants atteint de nouveaux sommets, a appris Le Journal. 

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Il y a 889 emplois à combler dans environ 500 écoles publiques de la province, selon les résultats de sondages internes réalisés par deux associations de directions d’école. Il s’agit à la fois de postes réguliers et de contrats de remplacement à temps partiel.

Or ce chiffre ne représente qu’une fraction des besoins du réseau scolaire, qui compte au total environ 2300 écoles primaires et secondaires dans le réseau public. Ce bilan partiel ne comprend d’ailleurs aucune école située sur l’île de Montréal.

La pénurie est encore plus importante pour le personnel de soutien : plus de 1200 emplois sont à combler dans environ 500 écoles, surtout comme éducatrice en service de garde et éducatrice spécialisée. 

« Ça ne s’améliore pas, ça empire, malheureusement », laisse tomber Nicolas Prévost, président de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement.

« C’est pas mal généralisé et il est minuit moins une. On s’attend à ce qu’il y ait plus de postes non comblés à la rentrée que l’an passé », affirme de son côté Carl Ouellet, président de l’Association québécoise du personnel de direction des écoles.     

  • Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec Olivier Drouin, fondateur de Covid Écoles Québec, sur QUB radio:    

Des élèves privés de soutien

Même si des postes seront pourvus au cours des prochains jours, les directions d’école devront « faire des choix » pour s’assurer que chaque élève ait un enseignant à la rentrée, explique-t-on. 

Des orthopédagogues devront prendre en charge des classes, privant des élèves en difficulté de soutien additionnel.

Le programme de mentorat lancé au printemps risque aussi d’écoper.

« Il faut le dire parce qu’il faut que les parents comprennent. On va prioriser d’avoir un prof dans la classe avant toute forme de soutien », martèle Nicolas Prévost.

La pénurie est à ce point préoccupante qu’il faudrait aussi mettre un frein au développement de nouvelles classes de maternelle 4 ans pour les deux prochaines années, ajoute-t-il. « Il y a des décisions difficiles qu’on devra prendre pour s’assurer d’avoir assez d’enseignants. Il faut se poser ces questions-là », laisse-t-il tomber.   

  • Écoutez l'entrevue de Philippe-Vincent Foisy avec Marwah Rizqy, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’Éducation, sur QUB radio:    

Demander aux élèves d’aider

De son côté, Carl Ouellet réclame davantage d’ententes avec les universités et les cégeps afin que des étudiants viennent prêter main-forte au réseau scolaire. « On tente de voir aussi si des plus vieux de secondaire 4 ou 5 ne pourraient pas donner un coup de main, dit-il. Tout est vraiment sur la table, parce qu’on est à court. »

  • Écoutez l'entrevue de Carl Ouellet avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

Dans la région de Montréal, aucune donnée à ce sujet n’était disponible hier du côté de l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire. 

La baisse de l’immigration l’an dernier, en raison de la pandémie, devrait toutefois mener à une diminution du nombre de classes de francisation, libérant ainsi des enseignants pour d’autres groupes d’élèves, explique-t-on.

La situation est aussi à géométrie variable d’un milieu à l’autre. Au centre de services scolaire Marguerite-Bourgeoys à Montréal, le nombre de postes d’enseignants à combler est deux fois moins élevé que l’an dernier, selon des données transmises récemment. 

Il n’a toutefois pas été possible d’obtenir de chiffres précis à ce sujet du côté du centre de services de Montréal. 

MANQUE DE MAIN-D’ŒUVRE 

Emplois à pourvoir dans environ 500 écoles au Québec à quelques jours de la rentrée*  

  • Enseignants : 889  
  • Personnel de soutien : 1206  
  • Professionnels : 265  
  • Directions d’école : 67   

* Le réseau scolaire compte environ 2300 écoles publiques. Ce bilan partiel ne tient pas compte des écoles situées sur l’île de Montréal. 

Sources : Compilation tirée de deux sondages internes réalisés par l’Association québécoise du personnel de direction des écoles et la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement.

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