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Procès de Christopher Oliveira: une juge déplore le «magasinage» d’experts

L’avocate d’un meurtrier veut «une seconde opinion»

Meurtre Laval
Photo courtoisie Christopher Oliveira

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Une juge a fait une sortie contre le magasinage d’experts, mardi, lorsque la défense a demandé une troisième expertise avant le prononcé de la sentence d’un meurtrier qu’on tente de faire déclarer délinquant à contrôler.

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« Votre client a plaidé coupable [d’homicide involontaire] en novembre. Ça ne peut pas continuer jusqu’à ce que vous tombiez sur un rapport avec lequel vous êtes d’accord », a pesté mardi la juge Lyne Décarie, au palais de justice de Laval.

La magistrate s’adressait alors à Me Élizabeth Girard, qui représentait Christopher Oliveira, 35 ans. Celui-ci a admis avoir tué involontairement Nicole Chouinard, à Laval, en juin 2018.

Oliveira a violemment poussé la septuagénaire qui l’hébergeait depuis peu lors d’une altercation concernant un vol d’argent. Selon lui, elle se serait cogné la tête contre un mur avant de mourir.

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Derrière un cabanon

Par la suite, l’homme connu pour ses épisodes de violence a enroulé le corps inerte de sa victime dans une couverture, puis l’a cachée derrière un cabanon dans la cour arrière de la résidence de la victime.

Oliveira a été pincé par la police au bout d’une cavale de quelques jours, dans un chalet inoccupé de Lanaudière.

Avant d’entendre sa peine, le meurtrier a été évalué à la demande de la Couronne par le réputé psychiatre de l’Institut Philippe-Pinel, Louis Morissette, qui est arrivé à la conclusion qu’Oliveira était un délinquant à contrôler.

En contre-expertise, le criminologue Thierry Webanck en serait également arrivé au même résultat, selon ce qu’a avancé la défense.

Une des avocates d’Oliveira, Marie-Hélène Giroux, a donc récemment demandé l’avis d’un troisième expert, le psychologue Jean-Philippe Vaillancourt, sans en avoir préalablement avisé la cour.

Ses services auraient été retenus non pas à titre « de contre-expertise, mais de seconde opinion », a tenté de justifier au tribunal Élizabeth Girard, mardi.

« Pour nous, c’était [hier] que ça devait procéder. Il n’y avait pas de raison de reporter », a affirmé Me Jennifer Lepage, procureure de la Couronne.

Au plus vite

La juge Décarie a vivement sermonné la défense pour son manque de rigueur, avant de finalement accepter de remettre la peine à plus tard afin de permettre à l’expert de produire son rapport.

« Je vais l’accepter, mais tout le monde a été plus que patient. À la prochaine date, la cour n’acceptera pas de nouvelle expertise. On a besoin de régler ça le plus vite possible », a-t-elle martelé.

Celle-ci a souligné que le dossier devait aussi « aller de l’avant », notamment pour le bien de la famille de la victime et des enquêteurs qui assistent aux procédures.

Par la suite, Oliveira a tenu à prendre la parole devant le tribunal pour partager son impatience devant les procédures judiciaires qui s’allongent malgré lui.

Le terme « magasinage » d’experts a été popularisé durant les procédures judiciaires entourant le dossier de Guy Turcotte, en 2014, entre autres.


Christopher Oliveira devrait entendre sa sentence le 21 septembre.