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Bruno Marchand mesure sa chance

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Pour sauter dans la course à la mairie de Québec, Bruno Marchand a dû renoncer à son poste de grand patron chez Centraide Québec, qu’il occupait depuis sept ans. Mais loin de regretter sa décision – bien qu’il adorait son travail –, il ne cesse depuis de mesurer sa chance.

En fait, de son propre aveu, le chef de Québec forte et fière ferait non seulement de nouveau le même choix demain matin, mais il le ferait encore plus vite. « Jusqu’à date, je suis en totale synergie avec ce que je fais », se réjouit le candidat de 49 ans, qui se plaît à rencontrer les gens sur le terrain.

« Les gens sont réceptifs et super positifs, dit-il. Et ça rend le dialogue qu’on propose beaucoup plus facile à faire [...] On a envie de construire avec eux, et les gens le sentent. »

Redonner l’âme 

Pour cette première entrevue éditoriale, Bruno Marchand nous avait donné rendez-vous à la bibliothèque Monique-Corriveau, pour deux raisons. 

D’abord, l’endroit représente bien le secteur où il vit depuis 20 ans, près duquel il a été entraîneur de soccer auprès de ses deux enfants. Ces derniers, qui ont 16 et 20 ans, le soutiennent dans sa démarche en politique. Même que son fils, cycliste de haut niveau et étudiant universitaire, « mord là-dedans ». 

Puis, le candidat s’engage à faire mieux pour redonner l’âme de ce secteur, opération ratée avec le réaménagement de la route de l’Église. Trop de béton et d’asphalte, pas d’ombre. Il a bien raison.

Ce choix illustre également bien pourquoi Bruno Marchand s’est porté candidat. Il souhaite ranimer les quartiers, et faire en sorte que l’ensemble des citoyens se sentent chez eux dans leur ville, en les impliquant davantage dans les décisions, en les écoutant. 

Les gens doivent cesser d’avoir l’impression que les projets ne correspondent pas à leur capacité de payer, plaide-t-il. Il n’entend pas s’imposer comme l’homme d’un seul projet. Son principal cheval de bataille portera sur les inégalités sociales.

Pas d’« ego trip »

Depuis le début, M. Marchand s’est bien gardé de critiquer son prédécesseur. Ce serait trop facile. « Je pense qu’il faut être capables, explique-t-il, de reconnaître l’engagement des hommes et femmes en politique, au-delà des allégeances, comme quelque chose de précieux [...] Prenons le legs qu’ils nous laissent et améliorons-le, continuons-le. »

Le candidat a critiqué des adversaires, hier, mais toujours de façon respectueuse. Les « ego trips », il s’en tient bien loin, et s’est d’ailleurs opposé à ce que le parti porte son nom. C’est bien simple, il aimerait mieux perdre. « Sinon, on en revient à la personne omniprésente, omnipotente [...] La politique de niche, c’est trop facile, et une fois élu, on y perd. »

Homme de conviction et de principes, Bruno Marchand gagne à être connu, et c’est certainement ce que les gens constatent lorsqu’ils le rencontrent. 

La quête de notoriété demeure son principal défi, et il admet d’emblée en être très conscient. Contrairement à Marie-Josée Savard, dauphine du maire, il ne peut surfer sur l’appui de ce dernier. Il doit aussi rendre sa proposition de plus en plus concrète, avec des exemples précis de ce qu’il souhaite réaliser.

On verra au fil de la campagne si son offre de renouveau parviendra à convaincre un nombre suffisant d’électeurs. Mais chose certaine, sa vision s’avère porteuse et rafraîchissante. 

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