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Bruno Marchand veut «amener Québec ailleurs»

Le candidat à la mairie lance ses premières attaques

Quebec
Photo Stevens Leblanc Le chef de Québec Forte et Fière, Bruno Marchand, a donné rendez-vous au Journal à la placette publique de la Bibliothèque Monique-Corriveau, à Sainte-Foy, hier, dans le cadre d’une longue entrevue.

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Après une année et demie de pandémie, Québec a besoin de renouveau et non de continuité, plaide Bruno Marchand, qui voit une occasion unique de transformer la Ville.

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En entrevue éditoriale avec Le Journal, le chef de Québec forte et fière écorche ses adversaires pour une rare fois depuis le début de la campagne. À son avis, son adversaire, Marie-Josée Savard, représente le statu quo alors qu’« on est rendus ailleurs, on a besoin d’autre chose ».

« Elle le dit elle-même : “Pour nous, c’est la continuité. Pour nous, c’est le long fleuve tranquille”. Et nous, ce qu’on dit, c’est que la pandémie est venue changer ça. Je ne suis pas en train de dire que la Ville de Québec est en situation catastrophique [...], mais qu’on a une opportunité après la pandémie et il y a une volonté profonde des citoyens d’amener la Ville ailleurs », pense le candidat à la mairie.

Selon lui, la crise sanitaire a marqué « une rupture profonde qui a changé nos habitudes ». Qui plus est, « dans les défis qui nous attendent, si on les relève comme on l’a fait dans le passé, on n’y arrivera pas. »

Pas une révolution

L’ex-PDG de Centraide dans la région pendant sept ans précise que « ce n’est pas une révolution que l’on propose. [...] C’est de construire une Ville qui nous ressemble encore plus, la construire avec les gens. »

Pendant plus d’une heure, il détaille sa vision : une fierté retrouvée dans les quartiers, une administration efficace, à l’écoute et transparente, une vision plus intégrée des transports.

À l’égard de Jean-François Gosselin, de Québec 21, il n’est pas plus tendre. Selon lui, le chef sortant de l’opposition a fait la démonstration qu’il n’est « pas prêt » à gouverner en prônant la vaccination obligatoire des employés municipaux contre la COVID-19.

« N’importe qui ayant fait de la gestion sait que des plans mur à mur pour une équipe de travail, ça ne se fait pas. »

Les taxes selon l’inflation

Se disant « au centre » de l’échiquier politique, Bruno Marchand promet d’autre part de ne pas dépenser à outrance s’il est élu.

« Les gens ont l’impression que l’adéquation ne se fait pas entre leur capacité de payer et les projets de la Ville », croit-il. Par contre, il ne veut pas faire de « promesse en l’air » concernant les taxes municipales. Il s’engage à limiter leur hausse selon l’inflation et à les geler « si on en est capable ».

Troisième dans les sondages à la fin juin, il pense que l’aiguille a bougé pendant l’été et que la mairie est à sa portée. Il en veut pour preuve les 62 000 $ amassés en dons par sa formation en quelques mois, soit plus que tous les autres partis réunis l’an dernier.

Des aménagements au tramway  

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Illustrations courtoisie

Bruno Marchand continue de croire que le tramway est le bon projet pour Québec, car « c’est la solution qu’on peut livrer le plus rapidement possible, qui va donner des résultats concrets pour les gens ». Il ne touchera pas au tracé convenu par l’administration actuelle, mais voudrait apporter « des aménagements » au projet, par exemple pour « diminuer le plus largement possible la coupe d’arbres matures ». Il est ouvert à discuter d’une deuxième phase du réseau structurant pour relier d’autres secteurs de la ville, mais signale qu’il faudrait réfléchir au mode de transport à utiliser. Il ne s’agirait pas nécessairement d’une deuxième ligne de tramway.

Pas de chèque en blanc pour le troisième lien  

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Illustrations courtoisie

Le chef de Québec Forte et Fière est très à l’aise avec l’idée de ne pas avoir de position bien arrêtée sur le projet de tunnel Québec–Lévis du gouvernement provincial, car celui-ci « pourrait changer jusqu’en 2023-2024 ». Il veut obtenir la garantie que le projet de 10 milliards $ ne freinerait pas son administration, s’il accède au pouvoir, dans la réalisation d’autres projets pour la ville de Québec nécessitant des subventions en matière de mobilité, de logement social ou encore de vivre-ensemble. « [Comme prétendant à la mairie], comment ferait-on, aujourd’hui, pour dire, par exemple : “je signe un chèque en blanc au gouvernement pour ce projet-là, je ne mets pas d’éléments qui sont des préoccupations, des sources d’inquiétudes” ? », questionne-t-il.

Il ne bannirait pas les pubs à Radio X  

Contrairement au maire sortant, Régis Labeaume, Bruno Marchand ne couperait pas les placements publicitaires de la Ville sur les ondes de CHOI Radio X, comme elle l’a fait durant la pandémie en raison des positions entendues à son antenne sur les règles sanitaires. « Moi, je dis que l’argent public, ça ne peut pas être de l’argent politique. [...] Je ne vois pas dans cette décision-là en quoi on a créé plus de ponts dans les derniers mois. » Aussi, il ne refuserait pas une entrevue à cette station, « dans la mesure où l’on est capable de débattre dans un cadre qui est fair enough ».

Des gestes pour les quartiers au jour un  

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Photo d’archives, Stevens Leblanc

Le premier geste que poserait Bruno Marchand comme maire de Québec serait dirigé vers les quartiers de la ville. « Je veux qu’on fasse un plan de développement de nos quartiers et pour des rues marchandes fortes. Je veux qu’on ait un plan pour animer ces quartiers-là, décentraliser certaines activités », affirme-t-il, reprenant un thème de campagne ayant marqué ses premiers mois en politique. D’autre part, d’ici le jour du scrutin, le diplômé en philosophie et en travail social entend mettre de l’avant des engagements en matière de lutte aux inégalités sociales. « On ne peut pas réunir une ville en laissant les inégalités grandir. [...] Ça va être un cheval de bataille », soutient-il.

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