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Télétravailler à 35 °C? Ouch!

La canicule qui perdure depuis cinq jours dans la région montréalaise n’a pas encore causé de décès

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Photo Anne-Sophie Poiré Samuel Trudelle montre les 34,7 °C qu’il fait dans son logement de la rue Jean-Talon.

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La chaleur accablante qui perdure depuis cinq jours étouffe les Montréalais, nombreux à vivre dans des logements non climatisés, où le mercure grimpait jusqu’à 35 °C hier dans l’un d’eux.

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« Je ne suis plus capable ! » laisse tomber Samuel Trudelle, âgé de 30 ans. Œuvrant dans le cinéma, il travaille de la maison, comme des milliers de Québécois, à cause de la pandémie. 

Au troisième étage de son immeuble en plein îlot de chaleur à l’angle des rues Jean-Talon et Saint-Denis, à Montréal, le mercure affichait 34,7 °C hier, au passage du Journal.

« C’est difficile de se concentrer, j’ai de la misère à travailler [...] Il faut presque que je porte un bandeau de tennis devant mon ordi », poursuit-il, gardant son sens de l’humour.

Sara Lévesque et sa fille Spirit prenaient le temps chaud avec philosophie hier.
Photo Chantal Poirier
Sara Lévesque et sa fille Spirit prenaient le temps chaud avec philosophie hier.

Records qui tombent

Hier, plusieurs endroits du Québec ont battu des records de température, selon Environnement Canada. C’est la ville de L’Assomption, dans Lanaudière, qui a enregistré le point le plus chaud au Québec, de 33,1 °C.

Il faudra attendre à vendredi pour ressentir le changement de masse d’air sur le Québec, précise la météorologue Anna-Belle Fillion.

« Quand il fait 40 dehors et que tu sors parce qu’il fait moins chaud que chez toi, c’est l’enfer ! » tonne Jean Lalonde, résident d’Hochelaga-Maisonneuve, assis sous l’ombre d’un arbre avec une cannette de Carling à la main pour se rafraîchir.

« Impossible de dormir, je tourne en rond », lance Susan Cupid, résidente de la Petite-Bourgogne, dont le petit air climatisé dans la cuisine n’arrive plus à rafraîchir sa maison.

Algérien habitué aux grandes chaleurs, Mehdi Boubakour ne se plaint pas même s’il fait 32 °C dans son appartement montréalais. 

« Mais ici, c’est humide et je ne supporte pas ça », souffle-t-il. 

Jeune maman, Sara Lévesque profite des réveils nocturnes de sa fille d’un an, Spirit, pour faire des promenades. « Sinon, il fait trop chaud », dit-elle, préférant les endroits climatisés le jour.

Jean Lalonde boit une petite bière à l’ombre dans le quartier Hochelaga.
Photo Chantal Poirier
Jean Lalonde boit une petite bière à l’ombre dans le quartier Hochelaga.

Pas comme 2018

Pour l’instant, les directions de santé publique de Montréal, Laval et la Montérégie ne déplorent aucun décès relié à la chaleur. Pour sa part, Urgences-santé note une augmentation des appels pour des malaises.

Il y a trois ans, 66 personnes étaient décédées durant la canicule. « Ça ressemble à la canicule de 2018 en longueur, mais pas en intensité », souligne le responsable des urgences environnementales à la Direction de la santé publique de Montréal, Luc Lefebvre. 

Le mercure dépasse 30 °C depuis samedi et la chaleur accablante est encore prévue jusqu’à demain. Cependant, ce n’est que lorsqu’il atteint 33 °C le jour que l’état d’urgence est déclaré. Ce seuil n’a été dépassé que samedi cette année.

« On surfe à la limite », remarque-t-il. 

– Avec l’Agence QMI

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