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Un centre d’aide aux itinérants menacé de fermeture à Québec

Geneviève Quinty, directrice du PIPQ, et Benoit Lepape, coordonateur du local au centre-ville.
Photo Stevens LeBlanc Geneviève Quinty, directrice du PIPQ, et Benoit Lepape, coordonateur du local au centre-ville.

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Malgré une augmentation d’au moins 25% de son achalandage depuis l’hiver dernier, une ressource d’aide aux personnes vivant en situation d’itinérance à Québec est menacée de fermeture, faute de financement.

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Appelé Le Local, ce centre situé au sous-sol de l’église Saint-Roch est un lieu d’accueil pour les itinérants, personnes intoxiquées, en psychose ou qui auraient notamment été expulsées d’autres ressources pour diverses raisons. 

«On n’a jamais vu autant de monde en psychose qu’en ce moment», affirme d’ailleurs Geneviève Quinty, directrice du Projet intervention prostitution Québec (PIPQ), qui a contribué à mettre en place cette nouvelle ressource.  

«Ça prend beaucoup de personnel pour gérer un endroit comme ça. Il y a des situations de toutes sortes, il peut y avoir de la violence et le climat peut changement rapidement», explique-t-elle, alors que 25 employés et 8 pairs aidants y travaillent. 

Malgré tout, Le Local, fréquenté par près de 180 personnes par jour, pourrait fermer ses portes sans les 35 000$ nécessaires pour demeurer ouvert, au moins jusqu’à la fin du mois de septembre. «L’idée, c’est de gagner du temps», ajoute Mme Quinty. 

D'ailleurs, une campagne de financement a été lancée sur la plate-forme GoFundMe.

En augmentation

Selon elle, le nombre de personnes en situation d’itinérance et travailleuses du sexe est en augmentation à Québec, depuis le début de la pandémie. 

«Chaque matin, ça fait la file devant la porte. Des gens qui n’ont pas dormi de la nuit veulent venir déjeuner ou se reposer. On leur fournit des matelas de sol», ajoute-t-elle. 

Passeport vaccinal 

Par ailleurs, des organismes venant en aide aux itinérants s’inquiètent du manque d’information quant à l’entrée en vigueur du passeport vaccinal, dans moins d’une semaine. 

Interrogés par Le Journal, des organismes communautaires de Québec et de Montréal disent «nager dans le flou» quant à l’éventuelle exemption des itinérants de cette nouvelle réglementation. 

Sur le site internet du ministère, on peut lire que «les personnes en situation d’itinérance seraient exemptées de l’obligation de présenter un passeport vaccinal pour accéder aux salles à manger et terrasses des restaurants». 

«C’est inquiétant puisque c’est la seule place où on fait usage du conditionnel sur le site internet du gouvernement», mentionne Mariana Racine Mendez, organisatrice au Regroupement d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM). 

«Ce qui est essentiel et pas essentiel n’est pas la même chose quand on n’a pas de maison. La restauration rapide peut être essentielle pour une personne vivant en situation d’itinérance, pour manger, prendre un café, utiliser une toilette», illustre-t-elle. 

Beaucoup de questions demeurent également au Réseau solidarité itinérance du Québec [RSIQ], où l’on se demande comment les commerçants feront pour identifier les personnes itinérantes, afin de les exempter de la vérification du passeport vaccinal. «Les gens n’ont pas nécessairement envie de le dire», indique le coordonnateur du regroupement, Boromir Vallée Dore. 

Questionné par Le Journal, le ministère de la Santé n’a pas répondu à nos questions sur cette exemption du passeport vaccinal. 

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