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Ducharme: se donner des défis

Tournoi de golf Dominique Ducharme
Photo Martin Chevalier L’entraîneur-chef du Canadien Dominique Ducharme a échangé avec Mathieu Perreault au club de golf de Joliette, jeudi matin.

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Dominique Ducharme semble en pleine forme. Déterminé et confiant à l’approche de la prochaine saison.  

Déterminé parce qu’il soutient que ses effectifs ont acquis de l’expérience l’an dernier, qu’ils ont appris à composer avec l’adversité, donc il s’agit d’un élément qu’on ne peut négliger.

Tout à fait d’accord.

Également confiant, parce que, malgré la perte de Shea Weber, ça ne semble pas l’ennuyer du tout. Il affirme qu’un comité pour compenser les minutes que le capitaine passait sur la surface de jeu se chargera de continuer ce qu’on a réussi à bâtir la saison dernière. « Nous avons grandi l’an dernier, souligne-t-il. On a relevé plusieurs défis... maintenant, on va se donner, avec plus d’assurance, de nouveaux défis. À partir de ce qu’on a vécu le printemps dernier, il faut maintenant trouver des moyens pour compléter la mission », ajoute-t-il en substance.

Identifié pour prendre le gouvernail d’une embarcation sur une mer agitée, il faut bien reconnaître que Ducharme a réussi à sortir l’organisation du bourbier dans lequel elle était empêtrée. Malgré les contraintes imposées par la ligue, ayant peu de temps pour l’enseignement du plan à mettre en place et surtout pour convaincre les joueurs que c’était la façon de relancer la saison, il a réussi à capter l’attention. Certains diront qu’il aurait possiblement été licencié si le Canadien avait été éliminé par les Maple Leafs de Toronto. Pure spéculation.  

Il convient de rappeler qu’il a appris à la dure école. Maintenant, il possède des points de repère, il saura réagir d’une façon encore plus rassurante dans les moments critiques.

Bergevin aux aguets

Il croit que son patron a bien réussi dans ses efforts pour remplacer ceux qui sont partis et il ajoute : « Quand vous me demandez de parler de notre prochaine formation, la meilleure analyse viendra des résultats sur la patinoire. Entre-temps, je sais que Marc (Bergevin) travaille tous les jours dans le but d’améliorer davantage notre formation, donc d’ici le 22 septembre, lors de l’ouverture du camp d’entraînement, il pourrait y avoir d’autres modifications. »

C’est à espérer pour Ducharme.

Il a dit, hier, lors d’un point de presse organisé dans le cadre de son tournoi de golf annuel, que son équipe ne sera pas différente. Jake Evans et Cedric Paquette sauront combler le départ de Phillip Danault. Il a parlé de sa brigade défensive qui accueillera David Savard en soulignant qu’elle avait connu de bons moments l’an dernier. Carey Price sera de retour à temps. Jonathan Drouin est à l’entraînement et il s’attend à ce qu’il revienne en force.

Mais il doit sûrement espérer qu’on lui dénichera un joueur de centre. Pour l’instant, on s’en remet à Jesperi Kotkaniemi. Mais, comme je le précisais, a-t-il les ressources pour répondre aux attentes ?

Andrei Svechnikov a signé une entente de huit ans, de 62 M$, avec les Hurricanes. Un contrat qui devient un point de comparaison pour Brady Tkachuk des Sénateurs d’Ottawa et Rasmus Dahlin, des Sabres de Buffalo, qui convoitent une entente similaire à Miro Heiskanen, huit ans, 67,5 M$, avec les Stars de Dallas.

Mais, pour KK, c’est une autre histoire. Son dossier n’est pas de nature à rayonner sur l’évaluation des responsables du recrutement chez le Canadien.

Revoir le dossier

De la cuvée de 2018, il est l’un de ceux qui déçoivent au plus haut point et qui, forcément, obligent Marc Bergevin à revoir son modèle d’affaires.  

La question demeure toujours : le Canadien peut-il embarquer dans une compétition aussi féroce que lui proposera la division atlantique avec autant d’incertitude au centre ?

L’expérience demeure un élément important. Les jeunes joueurs du Tricolore ont appris l’an dernier, mais encore faut-il avoir toutes les ressources pour hausser son niveau de compétition à tous les matchs.

Ducharme a bien raison quand il affirme que les résultats nous donneront une meilleure idée des forces et des faiblesses de l’équipe.

Un capitaine « fantôme »

Dominique Ducharme m’a surpris quand, à la question de savoir s’il y aura un nouveau capitaine l’an prochain, il a répondu qu’on ne s’était pas attardé sur le sujet.

Mais pourquoi un autre capitaine ?

Shea Weber a-t-il annoncé qu’il mettait fin à sa carrière ?

Ce n’est pas le cas.

Qu’il se retrouve sur la liste des joueurs blessés pour une très longue période, c’est une chose. Qu’il s’absente pour un ou deux ans, c’est également une situation qu’on ne voit pas souvent.

Mais, dans les faits, il devrait demeurer le capitaine de l’équipe.  

Ne doit-on pas respecter ce vétéran dont on vante le leadership ?

Les Blackhawks de Chicago ont-ils dépouillé Jonathan Toews de son titre de capitaine, lui qui a raté la dernière saison de son équipe ?

Non.

Et si Weber risque d’être dans l’environnement de l’équipe, une raison de plus pour saluer le capitaine.