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La ministre afghane de Justin Trudeau

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Capture d'écran, TVA Nouvelles Maryam Monsef

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Lors d’un point de presse virtuel sur la situation en Afghanistan, la ministre des Femmes et de l’Égalité des genres, qui est aussi ministre du Développement rural, Maryam Monsef, a créé une polémique. 

En tout respect, la ministre entourée des ministres de la Défense, de l’Immigration et des Affaires étrangères semblait être l’Afghane de service de Justin Trudeau en cette période électorale. 

N’oublions pas que des francophones du Québec ont joué aussi ce rôle dans les gouvernements libéraux durant des décennies. 

La ministre est née en Iran où ses parents s’étaient réfugiés lorsque les talibans avaient sévi en Afghanistan, il y a des décennies, en imposant leur vision ultra radicale de l’islamisme. 

Sous leur joug, les femmes (y compris des enfants) étaient chassées des écoles et de tous les lieux de pouvoir pour être confinées chez elles. Elles devaient servir de ventre pour assurer l’avenir démographique des fous de Dieu. 

Bavure

En s’adressant à eux en anglais, la ministre a lancé un appel à « nos frères, les talibans ».

Elle expliquait par la suite qu’il fallait comprendre qu’il s’agit d’une expression culturelle. Or Justin Trudeau, qui doit ramer ces jours-ci en raison des sondages qui indiquent une perte d’appui chez les électeurs, s’est empressé de qualifier les talibans de terroristes.

Mme Monsef est une ministre junior qui, à ce jour, n’a pas démontré de qualités particulières dans sa fonction. Le ministre de la Défense, un coreligionnaire du chef du NPD, n’a pas dû apprécier la déclaration plus que maladroite de sa collègue. 

Harjit Sajjan, originaire de l’Inde, a servi dans l’armée canadienne sur le terrain en Afghanistan à trois reprises. Sa vision des talibans est certainement moins culturelle que celle de sa jeune collègue. 

Cet incident, somme toute anecdotique, nous donne une idée des retombées de la diversité canadienne, manière Trudeau. À l’évidence, le premier ministre choisit ses ministres et souvent aussi ses collaborateurs en fonction de sa propre vision postnationale. Contrairement à nombre de ses prédécesseurs attentifs à l’unité du Canada, qui savaient s’entourer de gens expérimentés et bien formés.

Nous constatons aujourd’hui les effets pervers de la politique des apparences et du clientélisme pratiquée auprès de multiples minorités si chères à Justin Trudeau, à la recherche avant tout d’une majorité.

Postnationalisme

La composition de son cabinet actuel en fait foi. Elle explique en particulier le peu de poids que les Québécois y détiennent. Les ministres québécois qui sont nommés sont souvent eux-mêmes à l’image du Justin Trudeau postnational. Ils parlent de microagression et pratiquent un discours lénifiant qui trahit une forte attitude moralisatrice. 

Soyons lucides. Nous ne sommes guère dans une période faste de la politique. Nous comprenons pourquoi il y a si peu de candidats sérieux qui se bousculent pour entrer à la Chambre des communes. Les candidats de la diversité y voient une façon d’accéder au pouvoir et de s’intégrer au Canada de demain. Un Canada que tant de ses citoyens de tous partis confondus regardent avec scepticisme. 

En fin de compte, nous sommes rendus à l’ère d’une ministre des Femmes et de l’Égalité des genres qui ne se gêne pas pour parler de ses « frères talibans ». Est-ce ce qu’on appelle le progrès ?