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C’est le temps des gros achigans

Campeau 28 aout
Photo courtoisie Benoît Daneau et Steve Garça ciblent les profondeurs pour déjouer de belles petites bouches comme celles-ci.

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Avec l’arrivée des nuits plus fraîches et l’approche graduelle de l’automne, de nombreuses espèces deviennent plus actives.

À cette période de l’année, l’amateur peut pêcher les petites bouches à proximité des rivages et des hauts-fonds rocheux. Les spinnerbaits, les leurres de surface, les tubes, les poissons-nageurs trapus et allongés, les cuillères tournantes, etc. généreront souvent de très bons résultats. 

Des spécialistes

Benoît Daneau, de Deux-Montagnes, et Steve Garça, de Longueuil, ont participé pendant plus de cinq ans à de nombreux tournois de haut niveau et se sont très bien classés à de multiples reprises. De nos jours, ils éprouvent beaucoup de plaisir à mettre en pratique toutes les techniques qu’ils ont apprises, développées et peaufinées.

La semaine dernière, j’ai eu la chance d’accompagner ces deux chics types de l’équipe promotionnelle de Quantum sur les eaux du fleuve Saint-Laurent. Ces passionnés aiment bien exploiter les bas-fonds rocailleux et accidentés aux endroits où il y a beaucoup de courant. « Les achigans se cachent derrière tout ce qui fait bifurquer les eaux vives du courant. Ils peuvent s’y maintenir aisément, en attendant qu’une source potentielle de nourriture quelconque ou qu’un leurre passe à proximité. Il [n’ont] alors qu’à faire peu d’effort pour saisir [leur] proie », explique Steve Garça.

« Plusieurs amateurs sont surpris lorsqu’on leur dit que nous recherchons des profondeurs de 7 à 10 mètres, voire jusqu’à 13 mètres plus tard en saison », précise celui qui a déjà remporté le titre de champion de la série Ultra Bass Outaouais, Benoît Daneau.

Méthode

Bien que la pêche avec un tube équipé d’une lourde tête ou d’un Ned Rig soit souvent productive, nos deux pros préfèrent la technique du Drop Shot.

Cette approche hyper simple et facile à maîtriser ressemble à la pêche à la ligne morte avec un ver de terre. Dans ce cas-ci, le lest est au bas du montage et on noue un hameçon 30 à 45 cm plus haut, sur lequel on empale un petit leurre souple en forme de méné, de sangsue ou autre.

Le montage du Drop Shot permet d’exploiter facilement les bas-fonds.
Photo courtoisie
Le montage du Drop Shot permet d’exploiter facilement les bas-fonds.

Équipements

Benoît et Steve utilisent des cannes à action moyenne de 7, 7,2 ou 7,4 pieds comme les Smoke S3, Vapor ou Accurist. « Il faut que la perche s’arque sur un bel arc parabolique et que le scion soit de type extra fast. On peut ainsi mieux percevoir les touches et effectuer de meilleurs ferrages », soutient M. Garça. Au niveau des moulinets, ils favorisent ceux de taille 25 ou 30 offrant une bonne capacité. Ils les rempliront avec du super fil P-Line XTCB-8 de 8 livres de résistance. Un bas de ligne invisible en fluorocarbone 100 % Shinsei de 6 ou 8 livres/test, d’une longueur de 90 à 180 cm et noué avec un nœud uni à uni complétera le tout. 

Comme hameçon, ils se servent d’un modèle 1/0 spécialement conçu pour le Drop Shot qui facilite la prise en bouche.

Au niveau des leurres, le choix est très vaste. Nos deux manieurs de canne optent pour une panoplie diversifiée composée du Dream Shot de Strike King, du Flatnose Minnow MaxScent, du Hazedong Shad de Magabass, du Sassy Shad de Mister Twister, du Livetarget Slow-Roll Shiner, du Yum Warning Shot, etc.

En fonction de la rapidité du courant, Steve et Ben installent au bout du bas de ligne une pesée cylindrique de 3/8 à 5/8 d’once. « On utilisera le plomb le plus léger possible, qui nous permettra de garder un contact direct avec le fond, sans toutefois dépasser un angle de 45 degrés. Si l’offrande est dans une position trop oblique, donc trop loin du bateau, on perd contact avec le fond et les poissons. Il faut alors simplement opter pour un plus gros lest et ajuster la vitesse de descente avec la motorisation », poursuit M. Daneau. 

Trucs et astuces

Tout le long du couloir fluvial du Saint-Laurent, de Cornwall à Trois-Rivières, nos experts favorisent toujours le même genre d’approche. Ils débutent en passant lentement au-dessus de la zone ciblée afin de scruter les bas-fonds avec leur sonar pour tenter d’y trouver quelques cachettes potentielles. Si le site semble prometteur, ils se laisseront dériver, de manière contrôlée avec le moteur électrique pour se déplacer doucement au-dessus de l’action.

« Au risque de perdre occasionnellement quelques leurres, il faut garder un contact constant avec le fond. Souvenez-vous que les touches sont souvent très subtiles. À la moindre attaque ou au moindre titillement ou si vous vous sentez retenu, ferrez sur-le-champ graduellement en balayant la canne de bas en haut », tenait à préciser Steve Garça.

Prudence

Lorsqu’on pêche en eaux à fort débit de la sorte, il faut redoubler de prudence et porter sa veste de sauvetage en tout temps. Après une chute, une personne pourrait s’éloigner rapidement de son embarcation. Ne prenez pas de risque.

Précautions

Lorsqu’on capture des achigans à petite bouche aussi profondément, on a intérêt à les remonter lentement pour leur permettre de décompresser. On peut soit les remettre immédiatement à l’eau pour qu’ils regagnent leur habitat le plus rapidement possible ou leur donner un petit répit dans le vivier si on voit que notre capture vacille ou tourne sur le côté.

Les plus expérimentés aideront les poissons qui sont aux prises avec une vessie natatoire ayant augmenté de façon disproportionnée dans la cage thoracique. Ils se serviront alors d’une grosse aiguille hypodermique qu’ils inséreront derrière la nageoire pectorale de façon à faire sortir l’air emprisonné dans la vessie natatoire. Le nom de cette intervention controversée est ziffling.

Trophées

Ce qui est génial de cette méthode de pêche qui fonctionne à merveille jusqu’à la prise des glaces, c’est que plus l’eau se refroidira, plus le potentiel de capturer de grosses palettes et de battre vos propres records augmentera de façon exponentielle.