/news/currentevents
Navigation

Accusé d’avoir commis des gestes sexuels lors de camps de cadets

Le major Richard Masson
Photo Kathleen Frenette Le major Richard Masson

Coup d'oeil sur cet article

Un officier supérieur des Forces armées canadiennes, accusé d’avoir commis des gestes sexuels dans le cadre de camps de cadets qui se sont déroulés à la fin des années 90, a reconnu, lundi, avoir abusé du corps et de la naïveté d’une jeune adolescente.

Initialement, le major Richard Masson, 53 ans, a été accusé devant la cour martiale, mais les accusations ont été retirées à la suite d’une décision de la Cour d’appel martiale. 

En juin 2019, Me Michel Bérubé, poursuivant au bureau du directeur des poursuites criminelles et pénales, déposait des accusations formelles à l’encontre du quinquagénaire qui a admis, lundi, l’ensemble des faits qui lui sont reprochés alors qu’il s’occupait d’un camp de cadet entre 1997 et 1998. 

Coach

Rapidement, la victime est devenue «le bras droit» de l’accusé, qui voyait en elle une jeune fille «intelligente et remplie de capacité». 

«Comme il reconnaissait mes qualités et qu’il me trouvait intelligente, je me sentais valorisée», a témoigné la dame, aujourd’hui âgée de 40 ans. 

Toutefois, comme une araignée qui tisse sa toile, Masson a entraîné la jeune fille à avoir des conversations sexuelles en lui disant, entre autres, qu’il trouvait «dommage» que les filles ne soient pas «habiles» lors de leur première relation sexuelle, ce qui se soldait souvent par une «mauvaise expérience». 

«Alors oui, j’ai voulu apprendre comment être une bonne partenaire sexuelle. Il m’a appris la mécanique... Où toucher, quoi lécher? C’est ça, la base de ma sexualité. De faire tout ce que l’homme veut, quand il veut», a dit la victime, en retenant difficilement ses larmes. 

L’initiant d’abord aux fellations, il lui a ensuite «appris» les pénétrations anale et vaginale sans protection. «Quand madame tentait de se soustraire, parce que ça lui faisait mal, l’accusé la corrigeait. Il disait vouloir la coacher pour qu’elle soit bonne», a spécifié le poursuivant. 

Conséquences

«La plus grosse conséquence de tout ça, c’est qu’encore aujourd’hui, j’associe le sexe avec Richard Masson... L’odeur du sexe, l’odeur du sperme, ça me ramène à lui... J’ai des flashs, des images...», a-t-elle ajouté, en disant «ne pas avoir encore fait la paix avec les événements». 

«Aujourd’hui, je sais que j’existe et que j’ai des besoins... mais je suis encore aux prises avec ça. Je sais que je peux dire non, mais j’ai de la misère», a ajouté la dame, qui évolue toujours dans une carrière militaire. 

Comme l’homme se représente seul, il a demandé au juge Pierre Rousseau d’ajourner les observations sur la peine pour pouvoir «mieux» se préparer. Masson sera de retour en cour mardi.