/sports/opinion/columnists
Navigation

Bergevin et la contre-attaque

Gingras
Photo d'archives Marc Bergevin a plusieurs dossiers à régler, dont celui de Jesperi Kotkaniemi.

Coup d'oeil sur cet article

Jesperi Kotkaniemi a gagné le gros lot, rien de moins.

Les Hurricanes, qui avaient eu, au préalable, des discussions avec Marc Bergevin dans l’espoir de conclure une transaction, sont passés aux actes avec l’idée bien arrêtée de rendre la monnaie de la pièce au directeur général du Canadien.

Bergevin savait que les Hurricanes réagiraient. Les entretiens avec les décideurs de l’équipe de la Caroline lui ont fourni des indices pour tirer des conclusions sur les intentions de Don Waddell et son groupe.

Mais, il ne croyait sûrement pas que les Hurricanes offriraient un contrat démesuré.  

Décision à prendre

Par conséquent, le grand manitou du CH devra prendre une décision qui aura assurément un impact important sur les effectifs de son équipe.

Tout d’abord, doit-il égaler l’offre des Hurricanes et s’engager dans un investissement de plus de 12 M$, le contrat de cette saison et une offre qualificative l’an prochain, pour conserver les droits sur le Finlandais ?

Au départ, payer un joueur, à son deuxième contrat dans la Ligue nationale, 6,1 M$ par saison, alors qu’il présente, jusqu’à maintenant, un bilan de 22 buts, 40 mentions d’aide, 62 points en 171 matchs, c’est insensé. Une entente de 2 M$ serait dans les normes, et encore.

Par contre, quand une organisation croit que l’athlète est le troisième meilleur de la cuvée 2018, on lui accorde des privilèges. La question est donc la suivante : peut-il finalement connaître l’éclosion tant espérée ?

Bergevin n’a pas la réponse.

Dominique Ducharme non plus.

La différence

On a beau revenir sur le fait qu’il n’a que 21 ans, qu’il évolue à une position stratégique, qu’il se retrouve avec une équipe cherchant à donner du lustre à sa ligne de centre, les résultats tardent à venir. Et, dans les coulisses du Centre Bell, on se pose toujours la question : peut-il changer la donne ? Quand on regarde ailleurs, Brady Tkachuk est un rouage important chez les Sénateurs. Les Hurricanes viennent d’accorder un contrat de huit ans à Andrei Svechnikov.

Or, quant aux performances de KK, à sa contribution, on est plongé dans l’incertitude.  

Avant d’égaler un contrat aussi imposant comme celui qu’a signé Kotkaniemi, on doit être bien conscient des gros risques accompagnant un tel investissement. 

D’un autre côté, a-t-on une solution de rechange ?

C’est là le défi de Bergevin.

Y a-t-il des joueurs de centre disponibles, des joueurs de centre avec des ressources leur permettant d’évoluer dans le top six ?

On arrive à la période de l’année où il pourrait y avoir des occasions d’affaires intéressantes. Certains DG voudront amenuiser leur masse salariale. D’autres auront des problèmes à résoudre, notamment avec des patineurs qui n’ont toujours pas accepté les dernières propositions de leurs employeurs.

Candidats de choix

Il y a quelques semaines, on mentionnait l’intérêt que le Canadien avait manifesté à l’endroit de Christian Dvorak, 24 ans, joueur de centre des Coyotes de l’Arizona, auteur de 17 buts l’an dernier.

Tomas Hertl, des Sharks de San Jose, deviendra joueur autonome la saison prochaine. Par conséquent, il attirera sûrement l’attention de certains décideurs. Depuis quelques saisons, les Rangers tentent de se départir de Ryan Strome. Les Flames de Calgary considèrent-ils Sean Monahan comme un intouchable ?

Comment expliquer qu’Anthony Beauvillier n’a toujours pas signé avec les Islanders, du moins, aux dernières nouvelles ? Intéressant.

Elias Pettersson ? Les Canucks ont clairement indiqué que si une équipe lui propose une offre hostile, ils égaleront la proposition. Sauf que, pour l’instant, il n’y a toujours pas d’entente. Une offre hostile placerait les Canucks dans une situation délicate. Quintin Hughes doit lui aussi signer une nouvelle entente. Je suis persuadé que la liste de Bergevin doit comporter plusieurs candidats et qu’il entretient des conversations avec ses homologues. Il attirera sûrement la curiosité avec 12 choix de repêchage l’an prochain, dont deux au premier tour.

Que faire ?  

La discussion est lancée...

Si vous étiez à la place de Bergevin, que feriez-vous ? La question repose sur ce que l’on sait présentement. Mais, en coulisses et dans les bureaux administratifs, Bergevin a toutes les informations pertinentes.  

Les Hurricanes ont voulu se venger.  

Que Bergevin laisse les Hurricanes saliver.

Égaler l’offre placera l’organisation dans une situation délicate quant au plafond salarial, même si Shea Weber et Paul Byron permettront au Canadien de retrancher 12 M$ de la masse salariale. Éventuellement, le contrat de Brendan Gallagher sera difficile à supporter. Celui de Josh Anderson également. Celui de Carey Price...

Une décision lourde de conséquences pour Bergevin... et si jamais il partait à la fin de la saison, pour celui qui lui succéderait...

Le cas Jack Eichel  

Jack Eichel a décidé que l’homme pour mener à bien les négociations avec les Sabres de Buffalo est Pat Brisson.

Pourquoi pas ?

L’agent est probablement le meilleur de la Ligue nationale. Il possède une solide réputation, il est impliqué dans plusieurs dossiers pour que le sport du hockey gagne en popularité. Il compte sur plusieurs clients prestigieux, des patineurs qui exercent un impact majeur sur la LNH.

Eichel veut quitter Buffalo, c’est clair.

Le litige : il voudrait que les médecins qu’il a consultés exercent une intervention chirurgicale afin qu’on implante un disque artificiel dans son cou.

Les Sabres disent non. Les médecins de l’équipe déconseillent une telle intervention en insistant sur le fait qu’on n’avait aucun point de repère chez les joueurs, personne n’ayant subi une telle opération.

Pendant ce temps, certaines équipes, comme les Rangers de New York, les Ducks d’Anaheim, les Golden Knights de Vegas, pour en nommer quelques-unes, attendent.

La question est de savoir si Eichel jouera cette saison.

Brisson a la lourde tâche de ramener tout le monde à la table des discussions pour qu’une décision soit prise. Le 18 août, Eichel, ses représentants à ce moment-là, la Ligue nationale, l’Association des joueurs et des médecins ont discuté de la situation.

On veut éviter tout conflit qui pourrait mettre en cause le contrat du joueur.