/news/currentevents
Navigation

9000$ d’amende pour avoir refusé un Noir dans un bar

Coup d'oeil sur cet article

Un bar de danseuses de Laval a été condamné à verser 9000 $ en dommages à un homme qui s’était vu refuser l’accès par le portier en raison de la couleur de sa peau.

« M. Faublas a été humilié [...]. L’exclusion et l’humiliation qu’il a subies au seul motif de la couleur de sa peau lui ont fait perdre confiance en lui depuis, démontrant l’ampleur du préjudice moral qu’il subit toujours », déplore la juge Magali Lewis, dans une décision rendue récemment devant le Tribunal des droits de la personne. 

C’est la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse qui a représenté Wadley Faublas, dans ce dossier.

L’événement est survenu le 21 novembre 2014, au bar Les Déesses, sur le boulevard Curé-Labelle.

Ce soir-là, M. Faublas, qui a la peau noire, et deux de ses collègues à la peau blanche, se sont dirigés vers le club d’effeuilleuses afin de décompresser, après leur semaine de travail comme agents correctionnels.

Pas une blague

Une fois sur place, un portier qui a lui-même la peau noire a refusé que l’homme de 31 ans entre dans l’établissement.

Selon le portier, il s’agissait d’un ordre de la propriétaire à l’époque, Annik Hébert, de « filtrer les Noirs », car un gang de rue « composé d’hommes noirs » avait saccagé le bar, la semaine précédente.

Après avoir compris qu’il ne s’agissait pas d’une blague et quitté les lieux, l’agent correctionnel a dit s’être senti comme « un moins que rien » devant ses amis.

Avant cet événement, l’homme d’origine haïtienne arrivé au Québec en 2002 dit n’avoir jamais été humilié de la sorte.

« Il considère, avec raison, avoir subi une grave atteinte à sa dignité et s’être vu privé du droit à un traitement égal dans l’exercice d’un droit », peut-on lire dans le jugement.

Insouciance

« L’intention était sans équivoque d’interdire aux personnes à la peau noire l’accès au Bar, ce sur la base du préjugé que les personnes à la peau noire sont plus portées à causer du grabuge. Nonobstant le fait que ce préjugé est sans fondement, les défenderesses ont agi avec insouciance quant aux conséquences de leur conduite sur les personnes visées », précise la juge Lewis.

En raison de son comportement discriminatoire, Annik Hébert et les entreprises Bruno Zanetti doivent désormais verser 9000 $ en dommages et intérêts à Wadley Faublas et mettre fin à cette directive.